Par Barick Buema, journaliste
Il faut un contrôle sérieux. Et, lorsque les normes de sécurité ne sont pas respectées, il faut prendre des mesures immédiates, y compris la suspension des compagnies concernées.
Le 22 mai 2025, je me rendais à Tshikapa, dans le Kasaï, à bord d’un avion à hélices d’une compagnie dont je préfère taire le nom.
Le voyage avait pourtant commencé par une scène pour le moins inquiétante.
Au départ de l’aéroport de Ndolo, le pilote a effectué tout le roulage avec le hublot de son cockpit ouvert. Il ne l’a refermé qu’après que l’appareil eut déjà quitté le sol et pris quelques mètres d’altitude.
À bord, une autre situation a retenu notre attention. L’hôtesse nous a demandé de ne pas nous appuyer sur l’une des issues de secours, au risque de la voir s’ouvrir.
Mais le plus troublant était encore à venir.
Entre les sièges, au niveau du plancher de l’appareil, une ouverture laissait entrer l’air et la lumière provenant de l’extérieur. En plein vol, cette situation était particulièrement préoccupante pour les passagers.
Et comme si cela ne suffisait pas, nous avons vu d’autres avions nous dépasser durant le trajet.
Nous avons finalement atterri près d’une heure après l’heure initialement prévue, avec les oreilles complètement bouchées.
Mais le véritable constat nous attendait à l’arrivée.
À Tshikapa, la piste était faite de caillasse et de terre battue. Des écoliers traversaient et jouaient à proximité, voire sur cette infrastructure destinée aux opérations aériennes.
Une question s’impose dès lors : combien d’appareils présentant des conditions similaires continuent aujourd’hui à transporter des passagers en République démocratique du Congo ?
Qui contrôle réellement leur navigabilité ?
Qui vérifie l’état technique des appareils avant leur mise en exploitation ?
Qui s’assure que les compagnies respectent effectivement les normes de sécurité aérienne ?
Qui contrôle les aérodromes et les pistes utilisées par ces avions ?
Ces questions ne concernent pas uniquement les professionnels de l’aviation. Elles concernent chaque Congolais qui monte à bord d’un avion pour se déplacer d’une province à une autre.
Le transport aérien ne peut pas devenir une loterie où le passager découvre, une fois à bord, les conditions réelles dans lesquelles il va voyager.
Il ne faut surtout pas attendre un nouveau drame pour agir.
Les autorités compétentes doivent renforcer les contrôles, effectuer des inspections rigoureuses et prendre les mesures qui s’imposent contre tout opérateur qui ne respecterait pas les exigences de sécurité.
La vie des passagers n’a pas de prix.
Après chaque accident, nous pleurons les victimes, nous adressons des condoléances et nous promettons de tirer les leçons du drame. Mais la véritable question est de savoir pourquoi certaines alertes ne sont pas traitées avant que le pire n’arrive.
La sécurité aérienne doit être une obligation permanente, pas une réaction aux catastrophes.
Parole écrite
Barick Buema
Journaliste


