Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et celui de la République arabe d’Égypte ont signé un mémorandum d’accord portant sur la création d’un Pavillon égypto-congolais de chirurgie cardiovasculaire au Centre hospitalier universitaire (CHU) Renaissance de Kinshasa. Ce partenariat est présenté comme une avancée majeure pour le système de santé congolais.
Cet accord intervient dans un contexte où de nombreux patients congolais atteints de maladies cardiaques graves sont contraints de se faire soigner à l’étranger, faute d’infrastructures spécialisées disponibles localement.
L’objectif principal du projet est donc de rapatrier la prise en charge des pathologies cardiaques en RDC, en rendant accessibles sur place des interventions jusque-là coûteuses et limitées aux centres hospitaliers étrangers.
Le futur pavillon sera installé au sein du CHU Renaissance de Kinshasa et comprendra plusieurs unités spécialisées, notamment une unité de diagnostic cardiovasculaire, un bloc opératoire dédié à la chirurgie à cœur ouvert, une unité de soins intensifs post-opératoires et une salle de réveil spécialisée.
L’infrastructure sera conçue pour prendre en charge aussi bien les adultes que les enfants, avec un accent particulier sur les maladies cardiaques les plus fréquentes.
Le projet prévoit notamment la prise en charge de plusieurs affections majeures, dont les malformations cardiaques congénitales chez l’enfant, les maladies valvulaires et coronariennes chez l’adulte ainsi que les pathologies de l’aorte thoracique nécessitant une intervention chirurgicale.
Dans le cadre de cet accord, la partie égyptienne s’engage à assurer un appui technique complet, notamment à travers la fourniture d’équipements médicaux spécialisés, l’envoi de médecins cardiologues et d’équipes chirurgicales, la prise en charge des salaires et déplacements de ses experts et un accompagnement opérationnel du projet.
De son côté, la partie congolaise mettra à disposition les infrastructures du CHU Renaissance et assurera plusieurs facilités logistiques et administratives, notamment l’accès aux services essentiels, l’exonération de certains équipements médicaux importés et l’appui aux équipes médicales étrangères.
Au-delà des soins, le pavillon est également conçu comme un centre de formation et de recherche médicale. Il devra permettre le renforcement des compétences du personnel de santé congolais, avec l’ambition à long terme de former des chirurgiens cardiaques locaux.
Cette dimension de transfert de compétences est considérée comme un élément clé du projet, dans une logique de développement d’une expertise nationale durable.
Ce nouvel accord entre dans la continuité des relations de coopération entre la RDC et l’Égypte dans le domaine sanitaire. En 2012 déjà, l’Égypte avait contribué à la réhabilitation de certaines infrastructures du CHU Renaissance et à l’amélioration des services de néonatologie.
Les deux États affichent leur volonté de renforcer durablement l’offre de soins spécialisée en République démocratique du Congo et de réduire la dépendance aux évacuations médicales à l’étranger.
Ce projet est présenté comme une étape importante vers la construction progressive d’une souveraineté sanitaire congolaise, axée sur l’accès équitable aux soins spécialisés et le renforcement des capacités nationales.
Lydia Mangala


