Alors que des appels à manifestation circulent sur les réseaux sociaux, notamment un sit-in projeté ce jeudi 10 juillet 2025 devant le ministère des Finances, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) hausse le ton.
Dans un communiqué officiel publié le mercredi 9 juillet 2025, le Secrétaire permanent et porte-parole du CSM, Théosphore Nduba Kilima, a fermement rappelé les règles de conduite qui régissent la fonction de magistrat et met en garde contre toute initiative contraire à l’éthique de la profession.
Un avertissement clair face à une agitation numérique grandissante
La déclaration du Conseil a intervenu dans un climat de tension au sein de la jeune promotion 2025, dont certains membres protestent contre la lenteur des procédures de régularisation administrative et salariale.
Sur les réseaux sociaux, des messages circulent, souvent publiés sous des identités anonymes, incitant les nouveaux magistrats à s’en prendre aux institutions judiciaires.
Le CSM a considéré ces appels comme une tentative de saper l’autorité judiciaire sous couvert de revendications salariales.
Dans son communiqué, le Conseil a qualifié ces méthodes de procédés frisant l’indignité notoire et a précisé que toute réclamation doit passer par les voies hiérarchiques prévues, dans le strict respect des statuts régissant la magistrature congolaise.
Le Secrétaire permanent a déploré une instrumentalisation de la jeunesse judiciaire par des acteurs anonymes ou extérieurs à l’institution.
Des poursuites envisagées contre les fauteurs de trouble
Théosphore Nduba Kilima ne s’est pas limité à une mise en garde formelle. Il a annoncé que tout magistrat reconnu coupable d’avoir participé à des actes de désobéissance ou d’incitation sera exposé à des poursuites disciplinaires sévères, avec des impacts directs sur sa carrière.
Ces mesures pourraient, le cas échéant, être complétées par des poursuites pénales en cas d’infractions documentées.
En parallèle, le Conseil lance également une alerte contre les internautes fossoyeurs, qu’il accuse d’alimenter une agitation numérique contraire à l’ordre institutionnel.
Ce ton ferme vise à dissuader toute tentative de mobilisation sociale en dehors des mécanismes établis par la République.
Un appel au calme et à la confiance dans les institutions
Le CSM a conclu son communiqué par un appel à la raison et à la confiance. Il a invité les jeunes magistrats à faire preuve de responsabilité, en s’abstenant de céder à l’émotion ou à la pression populaire.
Tout en reconnaissant la légitimité de certaines attentes, le Conseil a réitéré que seule une démarche institutionnelle permet d’assurer la dignité et l’indépendance de la justice.
Cependant, malgré ce rappel à l’ordre, les magistrats de la promotion 2025, appuyés par une coordination active, ont saisi officiellement l’Hôtel de Ville de Kinshasa pour notifier leur volonté d’organiser un sit-in ce jeudi 10 juillet. Ils ont insisté sur le caractère pacifique de leur démarche et sur la nécessité d’un signal fort de la part du gouvernement.
Lydia Mangala


