Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présenté mercredi 6 mai 2026 ses excuses au peuple congolais au sujet de sa déclaration controversée sur « la moindre escarmouche », faite dans le contexte du conflit sécuritaire dans l’Est de la RDC.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le chef de l’État a reconnu avoir été induit en erreur sur la situation réelle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
« Et aujourd’hui, je voudrais vraiment profiter de cette occasion pour m’excuser devant le peuple congolais. Non pas parce que je n’en avais pas envie. J’étais même très déterminé, comme on dit. Mais simplement parce que j’avais reçu de fausses informations concernant notre armée », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le Président a également fait le lien entre cette situation et les récentes sanctions ainsi que les interpellations observées dans les milieux militaires et sécuritaires.
« D’ailleurs, si vous voyez aujourd’hui toutes ces sanctions et ces interpellations qui sont prises, c’est l’une des conséquences. Cela signifie qu’il y avait une réalité qui nous avait été cachée », a-t-il affirmé.
Dans un ton particulièrement critique, le chef de l’État a dressé un tableau préoccupant de l’état de l’armée congolaise, évoquant des problèmes de désorganisation et de précarité au sein des troupes.
« On ne va pas à la guerre avec une armée totalement désorientée, décomposée et désorganisée », a-t-il insisté.
Félix Tshisekedi est également revenu sur une précédente déclaration dans laquelle il dénonçait les conditions de vie des militaires congolais, estimant qu’elles relevaient de la « clochardisation ».
« J’avais dit ici, il y a quelques mois, en parlant de l’état dans lequel j’avais trouvé notre armée, que nos militaires vivaient pratiquement dans des conditions de clochardisation. Une partie de l’opinion s’en était offensée. Pourtant, ce n’était pas faux », a-t-il soutenu.
Le Président de la République a illustré cette réalité par des exemples liés aux conditions de déploiement des soldats sur le front.
« Lorsque vous avez des militaires appelés au front, mais incapables d’y aller sans leurs familles, leurs femmes et parfois même leurs enfants mineurs, parce qu’en quittant leur position ils risquent de perdre la place où ils vivent dans le camp, cela révèle une situation extrêmement grave », a-t-il expliqué.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays, où les FARDC poursuivent les opérations contre les groupes armés, notamment le M23 et ses alliés. Elles traduisent également la volonté affichée du chef de l’État d’engager des réformes au sein de l’appareil sécuritaire et militaire congolais.
Joséphine Mawete


