Le Ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté (MINEDU-NC), à travers sa Direction de Gestion de la Communication (DGC), a célébré le samedi 28 mars dernier le quatrième anniversaire d’Allô-École, un numéro vert dédié à la gestion des plaintes dans le secteur éducatif congolais.
Lancé officiellement le 28 mars 2022, ce dispositif entre dans le cadre du Mécanisme de gestion des plaintes (MGP), institué par arrêté ministériel depuis 2020. Il vise à renforcer la gouvernance du système éducatif en favorisant une interaction directe entre l’administration et les usagers. Grâce à la ligne verte « 178 », Allô-École permet aux citoyens de signaler des abus, exprimer leurs préoccupations et solliciter des solutions, dans un cadre sécurisé et confidentiel.
Au-delà d’un simple outil de dénonciation, Allô-École se distingue par son approche centrée sur les survivants, notamment dans le traitement des cas sensibles liés aux violences basées sur le genre, à l’exploitation et abus sexuels ainsi qu’au harcèlement en milieu scolaire. Ce mécanisme constitue aujourd’hui un levier important pour améliorer la transparence et renforcer la protection des élèves.
Pour marquer cet anniversaire, une journée spéciale a été organisée à Kinkole, à l’espace Happy Day, sous la supervision du Directeur Fleury Dala. L’événement a débuté par une marche de santé accompagnée d’actions de sensibilisation sur l’importance de l’utilisation de ce service. Il s’est poursuivi dans une ambiance conviviale, mêlant activités culturelles, prestations artistiques et moments de partage, avec un accent particulier mis sur la valorisation de la femme.
Des poèmes engagés ont été déclamés pour l’occasion, notamment « Femme de la DGC, la voix de la nation », « Allô-École, la voix qui console » et « Allô-École, la voix qui protège », traduisant le rôle essentiel de cette plateforme dans la défense des droits et la promotion d’un environnement scolaire sain.
Intervenant lors de la cérémonie, la cheffe de bureau du MGP, Ida Cisuaka Cibanza, a révélé que les plaintes les plus fréquentes concernent les salaires des enseignants, la mécanisation des nouvelles unités ainsi que les retards de paiement, particulièrement en zones rurales. Elle a également évoqué des cas liés à la mauvaise gouvernance et aux violences sexuelles.
« Nous appliquons une politique stricte fondée sur l’approche centrée sur les survivants, garantissant que les plaintes sensibles soient traitées uniquement par des personnes habilitées », a-t-elle affirmé, tout en soulignant les défis persistants, notamment la peur de dénoncer et le manque de culture de signalement.
Sur le plan opérationnel, les plaintes reçues sont analysées, suivies puis transmises aux services compétents, notamment la Direction des ressources humaines, sous la supervision du Comité national de gestion des plaintes. Ce système fonctionne à plusieurs niveaux, central, provincial, sous-provincial et scolaire, afin d’assurer une prise en charge efficace sur toute l’étendue du territoire.
À travers Allô-École, le MINEDU-NC veut bâtir un système éducatif plus équitable, inclusif et sécurisé. Ce mécanisme entre pleinement dans le Plan quinquennal 2024-2029 du ministère, qui place la protection des élèves, la transparence et la participation citoyenne au cœur de ses priorités.
Quatre ans après son lancement, Allô-École s’impose ainsi comme une voix essentielle pour dénoncer, protéger et améliorer durablement le système éducatif en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


