Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a reçu ce lundi une délégation de Journaliste en danger (JED), conduite par son président Tshivis Tshivuadi. L’objectif de la rencontre : lui présenter officiellement le rapport annuel 2025 de l’organisation ainsi que la restitution de la mission diplomatique et médiatique en Suède, marquée par la remise du Prix international de la Liberté de la Presse à JED, à Stockholm.
Une restitution naturelle pour un partenaire historique
JED a tenu à associer le ministre à ce compte rendu, quelques jours après la soirée officielle organisée à Kinshasa pour la publication publique du rapport.
Empêché d’y prendre part, Patrick Muyaya était alors en mission à l’étranger, ce qui n’a fait que renforcer la nécessité d’un échange bilatéral dédié, a expliqué le président Tshivuadi, le qualifiant de « partenaire institutionnel naturel et historique de la restitution ».
« Ce prix n’est pas seulement la consécration de 27 ans d’engagement de JED. Il symbolise aussi les appuis et le soutien constant de nos partenaires, parmi lesquels figure le ministre avec qui nous travaillons depuis longtemps », a déclaré Tshivis Tshivuadi.
Reconnaissance internationale, encouragement pour l’avenir
Contrairement à une distinction honorifique, JED voit dans ce prix un signal d’encouragement à poursuivre son travail, face à un environnement encore fragile pour la presse congolaise.
« Ce n’est pas un prix qui termine un parcours, mais un prix qui encourage à continuer, surtout face aux défis multiples qui persistent », a tenu à préciser son président.
Cette vision a trouvé un écho auprès du ministre, dont le rôle, selon JED, reste essentiel pour accompagner la consolidation des acquis et garantir la sécurité des professionnels des médias en RDC.
Les médias, vecteurs d’un Congo qui s’apaise et se stabilise
Les échanges ont aussi été l’occasion pour JED de saluer la disponibilité et l’écoute exprimées par le ministre, notamment dans un contexte où la RDC met le cap sur une phase de normalisation et de paix.
« Nous entrons dans une nouvelle ère : celle de la paix. Les médias doivent devenir des acteurs qui rassemblent, diffusent une information qui apaise et n’attisent pas les tensions. Cela exige un environnement médiatique responsable et structuré », a ajouté Tshivuadi.
Une réflexion alignée sur la vision gouvernementale, que Patrick Muyaya porte en tant que porte-voix et garant du dialogue entre l’État et les acteurs de la presse.
L’Est de la RDC : cœur des violations contre la presse
Face aux récentes interprétations jugées erronées du rapport, JED a clarifié que les données publiées ne traduisent aucune comparaison malveillante, mais la réalité d’un front documentaire précis :
• 80 % des attaques et atteintes contre les journalistes sont concentrées dans l’Est du pays,
• et 80 % des assassinats de journalistes documentés surviennent également dans cette région, principalement dans les zones sous contrôle des groupes armés.
« Le plus grand défi pour la sécurité des journalistes et pour la paix médiatique en RDC reste l’insécurité chronique qui frappe l’Est. Ce sont des faits, pas une interprétation », a souligné le président.
27 ans de résilience, la reconnaissance doit aussi devenir nationale
Après avoir rappelé que JED tient depuis 27 ans grâce à des financements en grande partie extérieurs, Tshivis Tshivuadi a plaidé pour qu’une reconnaissance interne accompagne la reconnaissance internationale.
« Nous faisons ce travail pour le Congo et pour les journalistes congolais. Il est désormais temps que cette mission soit aussi soutenue depuis l’intérieur, par nos autorités nationales, » a-t-il conclu.
Joséphine Mawete


