À quelques heures du coup d’envoi de la dernière journée du groupe D entre la République Démocratique du Congo et le Botswana, l’effervescence n’est pas au rendez-vous aux abords du stade Al-Madina de Rabat. Entre une qualification déjà acquise pour les Léopards et l’élimination prématurée des Zèbres, l’enjeu sportif peine à mobiliser les foules dans la capitale marocaine.
Le contraste est saisissant. Alors que les rues de Rabat vibrent habituellement au rythme de la Coupe d’Afrique des Nations, une étrange quiétude plane ce mardi autour du stade Al-Madina. Pour cette affiche comptant pour la troisième journée, les supporters se font rares. Les échoppes de drapeaux et de maillots, d’ordinaire prises d’assaut, attendent désespérément le client.
Plusieurs facteurs expliquent ce manque d’engouement. Le premier est purement comptable. Avec 4 points au compteur, la République Démocratique du Congo est déjà assurée de voir les huitièmes de finale. Si les hommes de Sébastien Desabre, sélectionneur des Léopards jouent encore pour la première place du groupe face au Sénégal (qui affronte le Bénin en simultané), l’urgence du résultat ne se fait pas sentir.
De l’autre côté, le Botswana quitte déjà la compétition par la petite porte. Après deux revers consécutifs, les Zèbres n’ont plus rien à espérer, si ce n’est sauver l’honneur. « C’est un match de gala, presque un amical officiel », confie un habitué des tribunes, résumant le sentiment général.
En fait, ce n’est pas la première fois depuis le début de cette CAN 2025 que les enceintes de petite capacité, comme le stade Al-Madina (environ 18 000 places), peinent à se remplir pour des affiches ne concernant pas le pays hôte. Malgré une politique de billetterie accessible, le public local semble bouder les rencontres dont l’issue paraît jouée d’avance.
Les Léopards visent tout de même le sommet. Sur la pelouse, l’ambiance sera pourtant tout autre. Sébastien Desabre l’a martelé en conférence de presse. Il n’est pas question de galvauder ce match. La RDC veut finir en tête pour s’offrir un tableau plus clément lors de la phase à élimination directe.
Pour les quelques centaines de supporters congolais qui ont fait le déplacement, l’objectif reste le même. Il s’agit de célébrer la qualification et voir les cadres de l’équipe maintenir leur niveau de forme avant le grand saut des huitièmes.
Reste à savoir si le stade se garnira un peu plus au moment où résonneront les hymnes nationaux, ou si le silence d’Al-Madina accompagnera les adieux du Botswana à cette édition marocaine.
Josaphat Mayi, à Rabat


