Kinshasa, 8 janvier 2026 – La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) tire la sonnette d’alarme sur le processus de fourniture des nouvelles plaques d’immatriculation en République Démocratique du Congo, récemment annoncé par la Direction générale des impôts (DGI). Selon la CNPAV, ce système est non seulement opaque, mais aussi coûteux pour l’État et entaché de favoritisme.
Un Processus Chaotique
Le CNPAV dénonce les conditions d’attribution de ce marché public, communément appelé dossier « Plaque V ». Les allégations de violations des règles de passation des marchés publics sont alarmantes. « Ce processus est profondément chaotique et soulève des soupçons de détournement de fonds publics au profit d’intérêts privés », affirme la coalition dans un communiqué.
Un Partenariat Publique-Privé Prolongé avec Opaqueness
Depuis 2009, un partenariat entre l’État congolais et UTSCH Congo a permis la fourniture de plaques minéralogiques. Bien que ce contrat ait pris fin en 2019, il a été prolongé jusqu’en 2023 dans des conditions peu transparentes.
Une Réforme Prometteuse, Mais Mal Engagée
À l’arrivée du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, une réforme a été initiée pour digitaliser et rationaliser le processus d’immatriculation. Cependant, un changement technique de dernière minute a modifié les spécifications, écartant de nombreuses entreprises au profit de la société belge Castillo Valere BV, ce qui soulève de sérieuses questions sur l’équité du processus.
Soupçons de Conflits d’Intérêts
Le CNPAV met en lumière un appel d’offres tenu dans le secret, qui a conduit à l’attribution du marché à Castillo Valere BV, liée à des personnalités influentes. Les nouveaux tarifs de 100 USD pour les anciens détenteurs et 115 USD pour les nouveaux véhicules sont également critiqués, alors que le contrat initial prévoyait 1 000 000 de plaques.
Un Montage Financier Défavorisant l’État
Le coût de production d’une plaque est estimé à 30 USD, mais le prix contractuel est maintenu à 65 USD. La part du Trésor public n’augmente que marginalement, tandis qu’une part importante est captée par des intermédiaires privés, soulevant des préoccupations sur la transparence des recettes.
Un Enjeu Financier Colossal
Avec un parc automobile estimé à 3 millions de véhicules, le remplacement généralisé des plaques pourrait rapporter des centaines de millions de dollars. La CNPAV appelle à une enquête indépendante pour éclaircir ces soupçons et garantir que les recettes bénéficient au peuple congolais.
Appels à l’Action
Face à ces irrégularités, le CNPAV exige :
– La publication intégrale des contrats liés aux plaques d’immatriculation.
– Un audit indépendant du processus de passation.
– L’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les soupçons d’enrichissement illicite.
– La suspension immédiate de l’opération de changement obligatoire des plaques jusqu’à clarification.
La CNPAV rappelle que la modernisation de l’administration doit s’accompagner de transparence et de justice, et ne peut servir de couverture pour des intérêts privés.
Joëlle Luniongo


