La marche organisée, le vendredi 5 décembre par la structure Vision Fatshi a mobilisé des centaines de jeunes dans les communes de Kimbaseke et de Ndjili, à Kinshasa.
Dans un contexte national sensible mais chargé d’espoir, l’initiative visait à saluer l’accord de paix intérimaire conclu à Washington entre le Président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, présenté comme une étape clé vers la fin de l’insécurité qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.
Une mobilisation symbolique dans un moment diplomatique crucial
Au cœur de cette marche, les organisateurs ont mis en avant un message central selon lequel la paix reste possible, et les efforts diplomatiques entrepris peuvent ouvrir une nouvelle perspective pour les populations meurtries de l’Est.
Gecko Beya Tshilenge, cadre de l’UDPS et président de Vision Fatshi, a livré une allocution passionnée d’où se dégage une conviction forte.
« Nous saluons les efforts du Chef de l’État et sa bravoure pour récupérer le pays entre les mains des agresseurs. Ce pays était devenu un bien sans maître. C’était les étrangers qui décidaient. Aujourd’hui, nous, l’UDPS, nous sommes derrière le Président Félix Tshisekedi et nous soutenons cet accord. Signer l’accord n’est pas la négociation », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de distinguer engagement diplomatique et concession politique.
La marche intervient en effet au moment où les Congolais attendent que les récents signaux de détente se traduisent en actions concrètes sur le terrain, notamment par un retrait effectif des groupes armés, une baisse des violences et une restauration durable de l’autorité de l’État.
Une jeunesse mobilisée, entre soutien et responsabilité citoyenne
Pour de nombreux Congolais, voir le Chef de l’État porter ce dossier au niveau international représente une reconnaissance tardive mais nécessaire des souffrances vécues par les populations civiles de l’Est, victimes des conflits armés à répétition.
La présence massive de jeunes dans les rues de Kinshasa reflète une volonté d’accompagner cette dynamique. Mais elle révèle également l’ exigence croissante que la paix annoncée devienne réalité.
L’engagement civique mis en avant par Vision Fatshi devra désormais se poursuivre dans une logique de vigilance citoyenne de veiller au respect des engagements pris dans l’accord, d’interpeller les autorités sans violence, de maintenir un esprit de paix sans céder aux discours de haine et d’encourager la réconciliation dans un contexte encore fragile.
Une paix à construire au-delà des déclarations
Si cette marche souligne l’adhésion d’une partie de la population congolaise à la démarche diplomatique actuelle, la véritable victoire se jouera sur le terrain.
La mise en œuvre concrète de l’accord, la réduction effective des violences dans l’Est et la restauration de la confiance entre les communautés constitueront les véritables indicateurs d’un tournant historique.
En attendant, la mobilisation citoyenne comme celle observée à Kinshasa démontrent les Congolais veulent la paix, la soutiennent, et seront attentifs à son application.
Lydia Mangala


