Dans l’après-midi de ce samedi 9 août 2025, le Silikin Village, véritable poumon de l’innovation et de l’entrepreneuriat à Kinshasa, a accueilli un événement qui pourrait bien marquer un tournant majeur dans l’histoire de la fintech congolaise : le lancement officiel de VaultPay, une plateforme bancaire numérique qui se présente comme le moteur de l’ambition congolaise.
Fait notable, VaultPay a obtenu sa licence officielle de la Banque Centrale du Congo avant même de se lancer, garantissant ainsi la conformité réglementaire et la solidité de ses opérations dès le premier jour. Cette reconnaissance institutionnelle place l’entreprise sur des bases solides et crédibles, et renforce la confiance des futurs utilisateurs comme des partenaires financiers.
Dans un décor vibrant d’enthousiasme et de curiosité technologique, se sont réunis des acteurs clés de la finance et du numérique notamment dirigeants de grandes institutions bancaires, créateurs de start-up audacieuses, investisseurs internationaux, experts en innovation et une foule de jeunes entrepreneurs venus découvrir cette nouvelle promesse technologique.
L’objectif était clair d’élargir l’accès aux services financiers, faciliter la gestion et l’investissement des ressources, et offrir à chaque Congolais, où qu’il se trouve, les moyens concrets de réaliser ses ambitions.
De la Silicon Valley à Kinshasa : un pari audacieux devenu réalité
L’histoire de VaultPay commence bien loin de Kinshasa, dans la Silicon Valley, là où bat le cœur mondial de l’innovation. C’est là que Christel Ilaka et Ntambwa Basambombo, tous deux titulaires de postes prestigieux dans de grandes entreprises technologiques, ont pris une décision radicale : abandonner leurs carrières de rêve pour se consacrer à un défi encore plus grand, bâtir une infrastructure financière numérique adaptée aux réalités et aux ambitions de la RDC.

En 2023, ils posent les premières pierres de ce qui n’est encore qu’un concept. Pendant deux ans, ils étudient, testent, rencontrent des partenaires, améliorent leur technologie. En août 2025, leur vision devient concrète : VaultPay est opérationnel, prêt à servir un marché de 30 millions d’utilisateurs de smartphones et à déployer le plus grand réseau d’agents financiers du pays.
Une plateforme pensée pour simplifier la vie financière de tous
VaultPay n’est pas seulement une application, c’est une véritable banque numérique dans la poche de chaque utilisateur.
Elle permet d’ouvrir un compte en quelques minutes, de commander une carte virtuelle ou physique livrée en 24 heures, et surtout, de recevoir des paiements en une heure au lieu d’attendre parfois une semaine.
Les utilisateurs peuvent centraliser et gérer tous leurs flux financiers, qu’ils soient en espèces ou numériques, effectuer des dépôts et retraits, payer des marchands, transférer de l’argent en un instant, et même accéder à des statistiques détaillées ou calculer les frais en temps réel.
Concrètement, un jeune entrepreneur qui décroche un contrat avec une grande société minière n’a plus besoin de passer de longues heures dans les files d’attente d’une banque, il peut tout faire directement depuis son smartphone.
Des partenaires qui crédibilisent et renforcent l’ambition
Pour porter un tel projet, VaultPay s’est entouré d’alliés stratégiques d’envergure internationale.
Y Combinator, le plus grand incubateur de start-up au monde, réputé pour avoir accompagné Airbnb, Coinbase ou Stripe, a vu en VaultPay un potentiel comparable aux plus grands succès de la fintech mondiale.
Ecobank, présente dans 33 pays africains, a validé la robustesse technologique de la solution et engagé une collaboration stratégique.
Visa, acteur mondial opérant dans 203 pays et territoires, a choisi de soutenir le lancement en offrant les 10 000 premières cartes commandées via l’application.
Silikin Village, catalyseur de l’écosystème entrepreneurial congolais, fournit l’ancrage local et la connexion avec l’innovation congolaise.
Côté investisseurs, le projet attire des figures prestigieuses comme Musaab At-Taras (ex-Airbnb, PayPal, eBay), Kyle Balley (ex-Uber, Airbnb.org, Cash App) et Michael Seibel (DG de Y Combinator, fondateur de Twitch). Ces noms ne sont pas seulement des soutiens financiers, ils incarnent une expertise de classe mondiale et un réseau capable de propulser VaultPay sur la scène internationale.
S’inspirer des réussites africaines pour créer un modèle congolais
Ntambwa Basambombo a rappelé que VaultPay ne réinvente pas la roue mais il s’inspire des modèles qui ont déjà fait leurs preuves sur le continent.
Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, Wave a levé 200 millions de dollars pour atteindre une valorisation de 1,7 milliard et séduire 8 millions d’utilisateurs. Au Nigeria, Moniepoint gère 170 milliards de dollars de transactions annuelles grâce à plus de 600 000 agents et un million d’entreprises clientes. Toujours au Nigeria, OPay a levé 400 millions de dollars pour atteindre 50 millions d’utilisateurs.

Ces exemples montrent qu’une combinaison gagnante, technologie fiable, réseau physique étendu, tarifs compétitifs, peut transformer radicalement l’accès aux services financiers. VaultPay entend reproduire ce schéma, mais à l’échelle congolaise.
Une vision claire, déployée par étapes

Christel Ilaka a dévoilé une stratégie de croissance structurée en quatre phases :
– La première étape cible les particuliers, avec des services essentiels comme l’ouverture de compte, les cartes et les transferts rapides.
– La deuxième se concentre sur les PME et entrepreneurs, en leur offrant des solutions de paiement et de gestion financière avancées.
– La troisième s’attaque à la création d’un vaste réseau d’agents physiques pour élargir la portée de la plateforme jusque dans les zones les plus reculées.
– Enfin, la quatrième phase vise les grandes entreprises et l’État, notamment pour la gestion simplifiée de la paie.
Un lancement concret et interactif
Pour marquer le coup, Christel Ilaka et Ntambwa Basambombo ont multiplié les démonstrations en direct : création instantanée d’un compte, activation d’une carte virtuelle, transfert via QR code dynamique, dépôt via Mobile Money.
L’auditoire a pu constater la rapidité et la simplicité des opérations.
La présentation de VaultPay 2.0 a aussi fait sensation, intégrant une intelligence artificielle capable de répondre aux utilisateurs en français et en lingala. Les prochaines étapes prévoient la traduction dans les quatre langues nationales notamment kikongo, swahili, tshiluba ainsi que dans plus de 450 dialectes locaux.
Construire l’infrastructure numérique du futur congolais
Pour Louidel Lebou, responsable des cartes business chez Ecobank RDC, VaultPay a su combiner humilité et solidité technologique.
« Ils avaient les outils, la technologie et le savoir-faire pour travailler sur le marché congolais », a-t-il confié.
De son côté, Lievin Ntabaza, représentant Visa, a souligné la volonté de garantir à chaque détenteur de carte une protection anti-fraude et une authentification renforcée, avant de réaffirmer le soutien de Visa à la distribution des 10 000 premières cartes qui seront commandées gratuitement via l’application Vaultpay.
Certifiée PCI, la plateforme répond aux standards internationaux les plus stricts en matière de sécurité.
L’ambition est de faire de VaultPay le premier portefeuille numérique complet en RDC et bâtir une infrastructure qui portera l’économie congolaise vers une ère plus connectée, plus transparente et plus ambitieuse. VaultPay veut être le moteur qui transforme l’ambition congolaise en réalité tangible.
Lydia Mangala


