Le Talkshow « À la Table de la Kinoise » a réuni, ce samedi 23 mai au Silikin Village, entrepreneurs, jeunes porteurs de projets et acteurs institutionnels autour d’une problématique centrale : « comment créer de vraies opportunités pour la jeunesse congolaise ? ». Parmi les interventions marquantes de la journée, celle de Joseph Mbuyi, Directeur Général du FSPEEJ, a profondément retenu l’attention par la force de son message et la clarté de sa vision sur l’entrepreneuriat.
Dès son intervention, Joseph Mbuyi a insisté sur la nécessité d’un changement de mentalité chez les jeunes entrepreneurs, en mettant l’accent sur la résilience, la discipline et la capacité d’adaptation.

« L’entrepreneur doit savoir pivoter. Si tu acceptes la défaite, en réalité tu es déjà mort. Il faut apprendre des échecs pour mieux se relancer dans quelque chose de plus performant et plus contrôlable », a-t-il déclaré.
Le DG du FSPEEJ a dénoncé l’attentisme qui, selon lui, freine l’évolution de nombreux jeunes talents. Il a encouragé une posture proactive face aux opportunités, rappelant que le développement ne peut dépendre uniquement des structures ou de l’État.

« Ne soyez pas attentistes. Avancez. Chaque échec est une école. Le développement de notre pays dépend de nous aujourd’hui, et demain encore davantage », a-t-il insisté.
Joseph Mbuyi a également abordé la question de la mentalité entrepreneuriale comme fondement de la réussite. Pour lui, l’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’une entreprise, mais à une culture globale de rigueur, de crédibilité et d’ouverture.

« La mentalité d’entrepreneur exige la discipline, la crédibilité et la capacité à être entouré des bonnes compétences. Un entrepreneur qui réussit est celui qui comprend qu’il doit être entouré de personnes meilleures que lui dans certains domaines », a-t-il expliqué.
Dans son intervention, il a aussi mis en lumière les défis structurels du pays, notamment la dépendance aux importations, qu’il considère comme un frein au développement de l’économie locale. Il a appelé à une réflexion collective entre l’État, les institutions et les entrepreneurs afin de renforcer la production nationale.

« Nous devons réfléchir ensemble à la manière de réduire les importations et de valoriser la production locale. Tout ce que nous consommons ici peut être produit ici avec excellence », a-t-il souligné.
Abordant la question de l’accompagnement des jeunes, le DG du FSPEEJ a rappelé l’importance des dispositifs de financement et de formalisation mis en place pour soutenir les porteurs de projets, tout en insistant sur la nécessité d’une approche rigoureuse.
« La crédibilité est essentielle. Si nous constatons qu’un porteur de projet ne respecte pas ses engagements, même jeune, cela impacte sa capacité à être financé. Il faut soigner sa réputation professionnelle », a-t-il averti.

Son intervention s’est conclue sur un message en faveur de l’action et de la responsabilité individuelle dans le parcours entrepreneurial, appelant les jeunes à sortir de la dépendance et à devenir acteurs de leur propre réussite.
Cette prise de parole a marqué les esprits et renforcé l’idée selon laquelle en République démocratique du Congo, les opportunités existent, mais elles exigent discipline, vision et engagement.
Lydia Mangala


