Johannesburg, 18 mars 2026.
Il y a des moments qui marquent une trajectoire. Et puis, il y a ceux qui redessinent une image, celle d’un pays tout entier. À Johannesburg, la République démocratique du Congo a, une fois de plus, affirmé sa voix portée par celle de sa Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, désormais inscrite parmi les figures féminines influentes du continent.
Dans l’arène prestigieuse du Forbes Women Africa Leading Women Summit 2026, rendez-vous incontournable des décideuses africaines, la cheffe du gouvernement congolais n’a pas seulement participé : elle a incarné une vision. Celle d’une Afrique où les femmes ne demandent plus leur place elles la prennent.
Une reconnaissance qui dépasse la symbolique
Être citée parmi les femmes influentes d’Afrique n’est pas un simple honneur. C’est une validation. Celle d’un leadership en construction, mais déjà audible au-delà des frontières nationales.
Première femme à accéder à la Primature en RDC, Judith Suminwa impose progressivement une gouvernance marquée par la rigueur, la transparence et une volonté affirmée de rapprocher l’action publique des citoyens. Sa présence à Johannesburg traduit une réalité : la RDC entre dans les conversations stratégiques sur le leadership féminin africain.
Aux côtés de figures telles que Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, ou encore Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique, la Première ministre congolaise a porté une parole attendue, mais surtout écoutée.
Des voix, des parcours, des résistances

Le sommet n’a pas seulement célébré des parcours d’exception. Il a aussi donné une tribune à des histoires de résilience.
Parmi elles, celle d’une jeune Congolaise, survivante de violences sexuelles à Zongo, aujourd’hui ingénieure en cybercriminalité. Un récit qui rappelle, avec force, que derrière les politiques publiques, il y a des vies transformées. Il y a aussi cette jeune Gabonaise, déterminée à devenir astronaute, symbole d’une jeunesse africaine qui refuse désormais les limites.
Entre panels, performances artistiques et expressions culturelles, le sommet a offert une fresque vivante d’une Afrique féminine plurielle, ambitieuse et en mouvement.
“Préparer les dirigeantes de demain”
Intervenant lors du panel « Quand les femmes dirigent les nations », Judith Suminwa a livré un message clair, presque programmatique :
« En tant que gouvernants, nous devons préparer les jeunes femmes et les filles à devenir les dirigeantes de demain, y compris à travailler aux côtés des hommes. Il est essentiel de s’ouvrir au monde tout en préservant nos valeurs. »
Un plaidoyer lucide, qui met en lumière un enjeu central : celui de la formation, de l’accès aux opportunités et de la co-construction d’un leadership inclusif.
Car au-delà des discours, c’est bien une transformation structurelle qui est en jeu. Et la RDC semble vouloir s’y inscrire durablement.
Une diplomatie d’image assumée
La participation de la Première ministre à ce sommet n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large : repositionner la RDC sur la scène internationale, non seulement comme puissance minière, mais aussi comme acteur de transformation sociale et politique.
Dans un contexte où l’image du pays reste souvent associée aux crises, cette présence féminine au sommet des sphères décisionnelles offre un autre récit. Plus équilibré. Plus ambitieux.
« Les femmes doivent avoir confiance en elles autant que les hommes. Nous sommes capables de diriger », a insisté Judith Suminwa.
Un message simple, mais essentiel. Parce que derrière chaque prise de parole, il y a une génération qui écoute.
Joséphine Mawete


