La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a procédé, ce mercredi 1er Avril, à l’ouverture de la troisième édition du Forum économique RDC–Angola, un rendez-vous stratégique consacré à l’intégration sous-régionale et au développement du commerce transfrontalier entre les deux pays.
Placées sous le signe de la transformation des engagements en actions concrètes, ces assises réunissent des décideurs politiques, des opérateurs économiques et des partenaires institutionnels autour d’une commune ambition de renforcer la coopération économique et stimuler les échanges bilatéraux.

Dans son allocution d’ouverture, la Cheffe du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats tangibles au terme des travaux.
« Nous devons passer des intentions aux réalisations, des ambitions aux résultats mesurables. Nos peuples n’attendent plus des promesses », a déclaré Judith Suminwa, Première ministre.

Elle a également replacé ce forum dans une dynamique continentale plus large, en lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), soulignant l’importance de l’intégration économique africaine.
« Une Afrique qui commerce davantage avec elle-même est une Afrique plus forte, plus résiliente et plus prospère », a-t-elle ajouté.

De son côté, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a mis en avant les priorités structurantes des travaux, notamment la lutte contre le commerce informel, la facilitation des paiements et la mutualisation des projets économiques.
« Si le commerce informel traduit le dynamisme de nos populations, il prive néanmoins nos économies de ressources substantielles et freine la structuration de nos marchés », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la nécessité de moderniser les systèmes financiers pour soutenir les échanges entre la RDC et l’Angola.
« La mise en place de mécanismes de paiement efficaces permettra de sécuriser les transactions, de réduire les coûts et de stimuler les échanges », a-t-il affirmé.

Enfin, le ministre d’État angolais à la Coordination économique, José de Lima Massano, a rappelé l’ambition commune des deux pays de bâtir un espace économique intégré et compétitif.
« Notre ambition commune est de construire un espace économique intégré, partagé et prospère », a-t-il déclaré.
Il a également appelé les opérateurs économiques à jouer un rôle central dans la transformation des opportunités en projets concrets.
« Le succès de l’intégration dépendra avant tout de votre capacité à agir, à investir et à transformer ces opportunités en projets concrets », a-t-il ajouté.

Le forum met en lumière plusieurs priorités stratégiques, notamment la facilitation des transactions financières, la lutte contre la contrebande et le développement du corridor stratégique Dilolo–Lobito, considéré comme un levier majeur pour le commerce régional.
Les échanges visent également à promouvoir la création de chaînes de valeur régionales dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, les hydrocarbures et la pêche.
Le commerce formel entre la RDC et l’Angola, estimé à environ 600 millions de dollars par an, reste en deçà du potentiel économique réel des deux pays, un constat qui appelle à une meilleure structuration des échanges.
Au-delà des discours institutionnels, le forum se veut une plateforme opérationnelle, intégrant des rencontres B2B, des expositions et des discussions sectorielles destinées à transformer les opportunités en partenariats concrets.
« Ce sont les entrepreneurs qui donnent vie aux opportunités, créent la richesse et stimulent la croissance », a rappelé Daniel Mukoko Samba.

Les autorités des deux pays attendent, à l’issue de ces travaux, la signature d’accords commerciaux, la mise en place de joint-ventures et le lancement de projets industriels structurants.
« Nos gouvernements attendent des résultats tangibles, investissements, joint-ventures, projets industriels et accords commerciaux », a conclu le vice-Premier ministre congolais.

Ce forum marque ainsi une étape importante dans la consolidation des relations économiques entre la RDC et l’Angola, avec l’ambition partagée de transformer la coopération bilatérale en véritable moteur de prospérité régionale.
Lydia Mangala


