Une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a été officiellement déposée ce lundi 13 avril 2026 à l’Assemblée nationale.
À l’initiative de cette démarche parlementaire, le député Laddy Yangotikala Senga affirme avoir déjà réuni 56 signatures, un seuil significatif qui permet d’enclencher la procédure prévue par le règlement intérieur de la chambre basse.
Dans sa correspondance adressée au bureau de l’Assemblée nationale, l’élu de Kisangani a formellement transmis la motion, ouvrant ainsi la voie à un contrôle parlementaire sur la gestion sécuritaire du pays.
Au cœur des griefs formulés par les pétitionnaires figure la dégradation de la situation sécuritaire, marquée notamment par une recrudescence des enlèvements à Kinshasa et dans plusieurs autres centres urbains. Ces élus dénoncent une gestion jugée inefficace, pointant des insuffisances dans la coordination des services de sécurité ainsi qu’une incapacité à répondre aux attentes croissantes de la population.
La polémique autour de certains cas de kidnappings, parfois présentés par les autorités comme des mises en scène ou des faits non avérés, a également contribué à renforcer les critiques contre le ministre.
Conformément à la procédure parlementaire, la motion devra être examinée avant d’être éventuellement inscrite à l’ordre du jour pour un débat en plénière. Si elle est jugée recevable, Jacquemain Shabani sera appelé à se présenter devant les députés afin de défendre son bilan et répondre aux accusations.
L’issue du vote qui suivra sera déterminante. En cas d’adoption de la motion par la majorité des élus, elle pourrait entraîner des conséquences politiques majeures, allant jusqu’à la remise en cause de son maintien au sein du gouvernement.
Dans un contexte où la question sécuritaire demeure au centre des préoccupations nationales, cette initiative parlementaire pourrait marquer un tournant dans l’évaluation de l’action gouvernementale en matière de sécurité intérieure.

Lydia Mangala


