« Comprendre pour agir » : c’est autour de cette idée que s’est tenue la conférence-débat de ce jeudi 31 juillet 2025 à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC).
Sous le thème « Au cœur du processus de pacification de la RDC : appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable », la rencontre a réuni notamment Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, et Noëlla Ayeganagato, ministre de la Jeunesse.
L’objectif est celui d’éveiller la conscience de la jeunesse congolaise sur les défis liés à la souveraineté nationale et à la guerre imposée à la RDC.
Une guerre aux multiples fronts : militaire, médiatique et diplomatique

Dans son intervention, Patrick Muyaya a dénoncé avec fermeté les causes profondes du conflit à l’Est du pays. Selon lui, la manipulation, l’exploitation et la déstabilisation de la RDC sont orchestrées depuis l’extérieur, notamment par le Rwanda, pour des raisons géostratégiques et économiques.
Il a, à cet effet, salué le leadership du président Félix Tshisekedi qui a choisi, selon ses mots, de ne plus faire de compromission avec des groupes armés :
« Le Président de la République a dit non aux compromis habituels, refusant de laisser certains territoires instables juste pour faciliter l’exploitation de leurs richesses », a-t-il affirmé.
Muyaya a insisté sur le fait que cette guerre ne se limite pas aux armes :

« Nous avons compris la stratégie de l’adversaire. Voilà pourquoi aujourd’hui, nous menons une guerre sur plusieurs fronts : militaire, médiatique, diplomatique et même économique. La guerre est aussi une invasion informationnelle », a-t-il déclaré.
La jeunesse appelée à faire bloc autour de la nation

S’adressant aux étudiants, futurs journalistes, communicateurs et leaders d’opinion, le ministre a exhorté à une prise de conscience patriotique :
« Vous ne pouvez pas comprendre le présent si vous brouillez le passé. Ne confondez pas une agression préparée avec une surprise », a-t-il martelé.
Et d’ajouter avec force :
« C’est pourquoi nous devons tous ensemble nous tenir derrière le Président de la République comme un seul homme pour défendre notre souveraineté, notre indépendance et notre liberté », a insisté Patrick Muyaya.
Kagame, les réfugiés et la propagande : un narratif à déconstruire

Le ministre a également exposé les justifications avancées par Paul Kagame pour légitimer les actions rwandaises en RDC :
« Le président Kagame dit que la RDC est animée d’un esprit de haine envers les Tutsis, qu’on tue les Banyamulenge, qu’on stigmatise leur communauté. Il se présente comme leur protecteur », a expliqué Muyaya.
Il a cependant réfuté ces arguments, les qualifiant de prétextes :

« La vérité est qu’il y a plus de réfugiés rwandais en RDC que de réfugiés congolais au Rwanda. Il faut qu’on les identifie clairement », a-t-il déclaré.
« Ce sont d’anciens membres des forces armées rwandaises, utilisés comme justification récurrente », a-t-il précisé à propos du groupe armé FDLR souvent évoqué dans les discours rwandais.
Pour une jeunesse actrice de paix

En filigrane de toutes ses interventions, Patrick Muyaya a fait passer un message : la paix en RDC ne peut se construire sans une jeunesse consciente, informée et active.
« On ne protège pas une communauté en attaquant une autre, on ne construit pas la paix en semant le chaos », a-t-il conclu, appelant les jeunes à s’approprier le narratif congolais, à dénoncer les discours haineux et à défendre les valeurs républicaines.
Lydia Mangala


