Au nom de la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, un forum sur la digitalisation du système éducatif congolais s’est tenu à Lubumbashi avec l’appui de l’Agence belge de développement Enabel.
Cette rencontre stratégique a réuni autorités éducatives, experts du numérique et partenaires techniques autour des enjeux de transformation digitale de l’école congolaise.
Une impulsion politique saluée au niveau provincial
Dans son mot de circonstance précédant le lancement officiel des travaux, le Proved du Haut-Katanga 1, l’honorable Professeur Joseph Mwinkeu, a salué l’impulsion donnée par la Ministre d’État Raïssa Malu, soulignant qu’elle a engagé le ministère de l’Éducation nationale sur la voie de l’excellence numérique.
« Le plan quinquennal de l’Excellence Raïssa Malu, dont le cinquième principe directeur place au cœur de l’action publique l’intégration des TIC dans l’éducation, a ouvert la voie à des innovations jadis considérées comme impossibles », a déclaré Joseph Mwinkeu.
De l’intelligence artificielle à la blockchain : une gouvernance éducative en mutation
Illustrant cette dynamique, le responsable éducatif provincial a cité l’introduction de l’intelligence artificielle dans la modernisation du processus de correction de l’Examen d’État, ainsi que l’adoption de la technologie Blockchain pour la délivrance des diplômes.
Selon lui, cette innovation garantit aux lauréats un diplôme d’État généré automatiquement, sécurisé, traçable et infalsifiable, incarnant les valeurs de rigueur et de crédibilité de la République.
Pour le Proved Mwinkeu, il s’agit d’une mutation institutionnelle, d’une transformation profonde de la gouvernance éducative, soulignant que ce forum constitue un cadre idéal pour harmoniser les visions, renforcer les capacités et proposer des orientations claires.
Le Plan quinquennal 2024–2029 comme boussole stratégique
Prononçant le discours de lancement officiel, Odon Mulanda a rappelé que le Plan quinquennal 2024–2029 fait de l’intégration des technologies de l’information et de la communication un levier central de la modernisation du système éducatif.
Il a indiqué que cette stratégie vise notamment à moderniser les infrastructures scolaires, renforcer les compétences numériques, promouvoir l’apprentissage hybride et améliorer la gouvernance du secteur de l’éducation, a-t-il affirmé.
La connectivité, socle de la digitalisation éducative

Intervenant à son tour, le Conseiller principal du Chef de l’État en charge des PTNTIC, Freddy David Lukaso Lolonga, a insisté sur le prérequis fondamental de toute transformation numérique : la connectivité.
Il a révélé qu’un arrêté interministériel de 2021 a permis de réduire drastiquement le coût de la licence de la fibre optique, passée de 2 000 dollars à 5 dollars le kilomètre, afin d’attirer les investisseurs privés.
En contrepartie, l’État exige l’allocation de 25 % des paires de fibres pour son réseau et la connexion de toutes les institutions publiques situées à moins de 100 mètres du réseau existant, a-t-il expliqué.
Des investissements massifs pour réduire la fracture numérique
Le Conseiller du Chef de l’État a également annoncé l’activation du Fonds de Service Universel dès cette année, afin d’investir dans les infrastructures numériques et d’étendre la connectivité aux zones non desservies, en priorité dans le Nord et le Nord-Ouest du pays.
Il a indiqué que l’objectif est d’atteindre 22 000 kilomètres de réseau connecté d’ici 2030, sur les 54 000 kilomètres nécessaires, grâce à un investissement estimé à un milliard de dollars sur cinq ans, a-t-il précisé.
Enabel plaide pour des compétences adaptées aux défis numériques
Prenant la parole au nom d’Enabel, le Programme Manager Lorenzo Giacomine a encouragé les participants à privilégier la collaboration face aux défis structurels de la digitalisation.
Il a souligné qu’une approche éducative fondée sur des formations professionnalisantes demeure la voie la plus efficace pour développer des compétences adaptées aux exigences du numérique et accompagner durablement la transformation du système éducatif congolais, a-t-il conclu.
Lydia Mangala


