Le professeur Roger-Claude Liwanga, spécialiste en droit et négociations internationales à l’Université Emory (Atlanta, USA), propose un instrument analytique innovant pour évaluer l’application concrète de cet accord. Un mois après la signature de l’accord de paix historique entre la RDC et le Rwanda, le 27 juin 2025 à Washington, sous la conduite des États-Unis.
Baptisé comme « Outil de mesure de la mise en œuvre de l’accord de paix » (OMMAP), cet instrument qui prend racine sur une méthodologie de codage et qui transforme les engagements qualitatifs de l’accord en tâches spécifiques et mesurables. Chaque tâche est notée sur une échelle de 0 à 10, selon son niveau d’exécution (non entamée, partielle ou complète), permettant ainsi de quantifier les progrès et d’identifier les blocages, à détailler le professeur Liwanga.
Voici le résultat du rapport de l’OMMAP sur l’évaluation publié le 30 juillet 2025, couvrant ainsi la période du 27 juin au 27 juillet :
- Tâches réalisées partiellement : 8 sur 30 engagements identifiés
- Score cumulé : 27,5 points sur 80 possibles
- Taux d’exécution global : environ 34 %
Ce démarrage est jugé lent mais encourageant, dans un contexte encore fragile. L’analyse souligne que la majorité des tâches restantes ne peuvent être exécutées sans la réalisation préalable de certaines étapes clés, appelant à une approche stratégique et coordonnée.
Des signes positifs sur terrain
L’OMMAP a observées trois évolutions notables :
- Réduction de la rhétorique belliqueuse dans les discours officiels congolais et rwandais
- Diminution des hostilités, malgré quelques affrontements isolés entre le M23 et les milices Wazalendo
- Reprise des contacts diplomatiques bilatéraux entre Kinshasa et Kigali
Défis persistants
Le rapport note plusieurs faiblesses :
- Absence de calendrier contraignant pour certaines tâches essentielles (ex. : retour des réfugiés)
- Mécanisme conjoint de sécurité non encore opérationnel
- Interdépendance des engagements, nécessitant une exécution séquencée
La rédaction


