Madame la Ministre,
Je salue votre initiative, LE VILLAGE DES OPPORTUNITÉS. Ceci montre que vous restez déterminée, toujours avec la même énergie, à apporter quelque chose de concret à la jeunesse.
Seulement, en lisant les retours des jeunes présents lors de la première journée, j’ai remarqué que beaucoup sont rentrés déçus… Mais ce n’est pas un fiasco, la jeunesse congolaise vit dans la frustration.
Vous avez demandé aux jeunes de venir avec leurs CV, excellente idée.
Mais je n’ai vu ni la Fonction Publique, ni une institution de l’État venir présenter des offres d’emploi/stage concrètes ou de vraies opportunités d’affaires clés en main.
Et même si les sponsors s’alignent dans une logique de promesses, c’est plutôt du marketing qu’un réel engagement de booster la jeunesse. Des entreprises comme les telco ne vont pas changer leur politique de recrutement pour une activité populaire.
Je me suis donc demandé combien de CVs attendiez-vous et quelle était la « potion magique » qui allait créer ces opportunités d’emploi ?
Permettez-moi de partager une proposition que j’ai déjà publiée en identifiant vos pages. Je ne sais pas si vos équipes suivent les avis sur les réseaux sociaux, mais je pense que cette réflexion peut vous être utile.
Il existe en RDC des entreprises à forte intensité de main-d’œuvre : des PME capables de recruter facilement, parfois juste pour finaliser une commande.
Un exemple simple : une imprimerie. L’achat d’un nouvel équipement de 5 000 $ peut permettre l’embauche de 10 personnes.
Pour un événement comme Le Village des Opportunités, vous pourriez identifier ce type de PME dirigées par des jeunes : des entreprises débrouillardes, stables, mais qui ont encore besoin d’un rapprochement avec une autorité comme vous pour faire passer certains plaidoyers en échange de quelques actions qui peuvent être profitables à votre mandat.
Si vos services identifient 100 PME consommatrices de main-d’œuvre, vous pouvez les associer directement à l’événement.
Vous leur accordez un espace honorifique. Premier soin, yomoko o komeli bango… Vous écoutez leurs besoins, et en échange, vous concluez un deal : qu’elles s’engagent à offrir des garanties de recrutement pour l’année 2026.
Par exemple :
Chaque PME offrirait 10 stages de 6 mois : 5 au premier semestre et 5 au second.
Et comme ce sont des entreprises où les stagiaires sont souvent retenus, l’expérience débouche régulièrement sur un emploi réel.
Résultat : vous garantissez 1 000 jeunes placés en 2026.

Pour un ministère, c’est peu. Mais pour un événement, c’est énorme. Et surtout, cela ne s’est jamais fait.
Le Village des Opportunités se conclurait par 1 000 recrutements, voire plus.
Esili te, comme vous le savez, “opportunité” ne veut pas dire seulement “emploi” et même si le Président et tous les DG du pays se réunissaient, ils ne pourraient pas employer tous les jeunes.
Mais nous pouvons créer des opportunités à travers des affiliations, surtout pour les jeunes qui travaillent déjà en free-lance.
Pourquoi pousser les jeunes vers des projets complexes, qui prennent des années pour trouver un marché, alors qu’il existe des opportunités simples et directes autour des business qui fonctionnent déjà ?
Je prends mon domaine : l’imprimerie.
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes apprennent le design. Ils vendent leurs conceptions, mais le client part ensuite imprimer ailleurs. Et c’est l’imprimeur qui gagne le plus.
Maintenant imaginons ceci :
Je propose à ces graphistes une carte d’affilié.
Ils restent free-lance, gardent leur entreprise, peuvent même créer leur petite “imprimerie-mallette”. Mais je couvre leurs productions.
Avec la carte, ils bénéficient de 15 % de remise en fin de mois, plus un tarif préférentiel à la commande pour son bénéfice direct.
Ce deal ne me coûte rien. Aucun investissement. Mais pour eux, c’est énorme.
Et je peux signer un tel contrat avec 1 million de jeunes parce que soit il ne se passe rien, soit tout le monde gagne. Je répète, je n’investis rien.
Ça, Madame la Ministre, c’est une opportunité.
Dans votre Village, j’aurais invité tous les graphistes, surtout les débutants, pour leur offrir cette chance.
Et dans la même logique, chaque PME de production aurait apporté ses propres idées et offres dans son domaine.
Imaginez, Madame la Ministre, 100 jeunes entrepreneurs qui arrivent avec ce genre de propositions.
La dynamique serait exceptionnelle.
Je sais que vous avez encore de l’énergie et de nombreux projets.
J’espère que le deuxième jour du Village des Opportunités sera sans tache et que l’événement continuera de grandir.
Dans l’ensemble, je vous félicite. Vous avez osé, et ce n’est pas rien.
Wumela.
Ministère de la Jeunesse et Éveil Patriotique
Oman NGUNGU


