Lors du premier panel du Congrès panafricain des étudiants congolais, qui s’est tenu le 30 juin 2025 au CCAPAC sous l’animation de Willy Kalengayi et Chantal Kanyimbo, le consultant gabonais Christian Nsung, alias Amelda Dany, a livré une intervention énergique sur « Les grandes figures du panafricanisme et leurs combats ».
À travers l’évocation de Lumumba, Sankara, Garvey et autres, il a mis en lumière l’urgence d’une Afrique souveraine et consciente de ses atouts.
Un impérialisme saignant et un silence complice
Christian Nsung a ouvert son propos en brossant un tableau sans concession :
« Un impérialisme qui saignait le continent, orchestré pour un contrôle total, privant l’Afrique d’une vie juste », a-t-il dénoncé.
Reprenant la figure de Patrice Lumumba, il a affirmé que « le silence au Congo n’est pas ignorance ; le silence au Congo est un crime », soulignant que la passivité face aux ingérences étrangères contribuait à perpétuer l’exploitation des ressources stratégiques par la Belgique et les États-Unis.
Hommages aux martyrs de l’autosuffisance

Poursuivant avec Thomas Sankara, Nsung a rendu hommage à son modèle de gouvernance :
« Il a prôné l’autosuffisance alimentaire, vacciné 2,5 millions d’enfants et planté près d’un million d’arbres », a-t-il rappelé.
« Il a êtes trahi par son propre frère, son propre compagnon d’arme, il ait été supprimé par coup d’État », a-t-il regretté.
L’exemple de Sankara, a-t-il insisté, doit inspirer un socialisme africain fondé sur la solidarité, la justice et le développement économique.
Garvey, Fanon et Cabral : retisser les liens perdus

Christian Nsung a ensuite salué Marcus Garvey, qualifié de pionnier du panafricanisme, pour avoir créé la Black Star Line afin de reconnecter la diaspora aux racines africainesw
Il a enchaîné sur Frantz Fanon, dont il a salué la lucidité :
« Fanon montre comment l’oppression détruit la psyché des opprimés », a-t-il affirmé, le qualifiant de bombe intellectuelle dont l’idée-choc traverse encore le temps.
Enfin, évoquant Amílcar Cabral, il a souligné que « sans culture, il n’y a pas de liberté », reprenant sa conviction que « la révolution passe par la culture » pour libérer les peuples du joug colonial.
Biko et Diop : de la conscience noire à la fierté historique
Le consultant a salué Steve Bantu Biko, le père du Black Consciousness, en rappelant qu’il a rejeté l’infériorité imposée par l’Apartheid, payant de sa vie ce combat pour la dignité.
Cheikh Anta Diop, quant à lui, a été présenté comme celui qui a pulvérisé les mensonges sur l’Afrique en prouvant que l’Égypte est noire, forçant le monde à reconnaître la richesse de notre civilisation.
Vers une résistance contemporaine
Pour conclure, Christian Nsung a mis en garde contre les guerres multiples qui ravagent le continent :
« Nous vivons des guerres de ressources, des guerres de commerce, des guerres tribales notamment en RDC où la propagande et la désinformation tuent des millions de personnes sans que personne n’en parle », a-t-il dénoncé.
Il a appelé les jeunes à reprendre le flambeau de ces combats historiques :
« Au nom de chacun d’entre nous, nous avons les moyens et les ressources pour faire croire à l’Afrique qu’elle est un continent uni », a-t-il lancé, invitant l’auditoire à transformer la mémoire des pères fondateurs en un engagement actif pour la souveraineté africaine.
Avec cette intervention portée par la force de son verbe et l’urgence de son propos, Christian Nsung a dressé un état des lieux sombre mais porteur d’espoir, incitant les universitaires à poursuivre le combat pour une Afrique forte et consciente.
Lydia Mangala.


