Il est à peine 16 heures, et déjà, les abords du Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat vibrent d’une énergie électrique. À quelques heures du coup d’envoi de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, la capitale marocaine ne respire plus que pour le football. Sous un climat doux d’hiver, le stade fait peau neuve et s’apprête à devenir le cœur battant du continent.
Ce qui frappe d’abord, c’est le visage humain de cette foule. Loin des clichés de supporters hostiles. C’est une véritable marée humaine intergénérationnelle qui déferle sur l’esplanade.
Les enfants en première ligne. Perchés sur les épaules de leurs papas, des milliers de bambins arborent fièrement le maillot rouge frappé de l’étoile verte. Leurs visages, grimés aux couleurs du Maroc. Ils s’illuminent à chaque passage des fanfares locales.
Groupées en amies. Les mamans sont au rendez-vous. Les femmes sont omniprésentes. Maillots officiels sur le dos et écharpes soigneusement nouées. Elles participent activement aux chants qui s’élèvent déjà des files d’attente. Les groupes de jeunes, drapeaux sur les épaules, rivalisent de créativité avec des perruques aux couleurs nationales.
Un arc-en-ciel de couleurs…
En fait, le rouge et le vert dominent. Mais la CAN reste la fête de l’Afrique. Aux abords du stade, des supporters de pays frères sont déjà installés. Ils apportent leurs propres touches de jaune, de bleu et de blanc. L’ambiance est à la fraternité. Les photos entre supporters adverses, les échanges des pronostics dans un mélange de darija, de français et d’anglais.
« C’est plus qu’un match, c’est une fierté nationale. Amener mon fils ici aujourd’hui, pour l’ouverture chez nous, c’est lui offrir un souvenir qu’il gardera toute sa vie », confie un supporter marocain venu Casablanca avec sa femme et ses deux enfants au micro de Zolanews.net.
L’excitation monte, le stade se remplit…
À mesure que les aiguilles tournent, le brouhaha s’intensifie. Les enceintes du stade commencent à cracher les hymnes officiels de la compétition. Repris en chœur par les milliers de spectateurs qui ont déjà investi les gradins. Le nouveau design du stade moderne et majestueux, semble magnifier cette ferveur. Chaque tribune qui se remplit est une promesse de frissons. Les officiels s’activent, les bénévoles orientent les derniers arrivants avec le sourire. Sans doute, le Maroc est prêt. L’organisation est millimétrée. Et, l’accueil est chaleureux, à l’image de la légendaire hospitalité du Royaume.
Dans quelques instants, les lumières s’éteindront pour la cérémonie d’ouverture, laissant place au spectacle. Mais pour les milliers de personnes présentes au Moulay Abdellah, la fête a déjà commencé depuis bien longtemps.
Josaphat Mayi, à Rabat


