
L’honorable Christelle Vuanga, députée nationale et figure de proue de l’opposition, s’élève fermement contre la décision du ministre de la Justice et garde des sceaux, Constant Mutamba, d’instaurer la peine de mort comme sanction pour les bandits urbains, couramment appelés « kuluna », à Kinshasa. Lors d’une récente intervention sur un plateau de télévision, elle a qualifié cette mesure de « populiste » et a mis en lumière son inefficacité en matière de lutte contre le banditisme.
Selon l’honorable Christelle Vuanga, les tentatives répressives visant à éradiquer la criminalité à travers l’histoire, notamment sous le régime de Mobutu, qui a eu recours à des exécutions publiques, ont montré leurs limites. Elle rappelle que de telles actions n’ont pas empêché l’UDPS de s’affirmer comme une force majeure d’opposition, ni les mouvements étudiants et les critiques des ONG envers le gouvernement.
La députée estime que la peine capitale ne constitue pas une solution viable :
« La criminalité ne sera pas éradiquée par de telles peines. Quel que soit son statut dans la loi, cela n’éliminera en rien le phénomène du banditisme », soutient-elle.
Elle souligne l’urgence d’attaquer non seulement les conséquences du banditisme, mais aussi d’aborder ses causes profondes, telles que la pauvreté, le chômage et le manque d’infrastructures publiques, comme l’éclairage.
Dans son plaidoyer, l’honorable Christelle Vuanga insiste sur le fait que son opposition à la peine de mort ne résulte pas de pressions extérieures, mais représente un choix humain profondément ancré dans les traditions africaines. Elle mentionne la Charte du Mandé, datant du XIIIe siècle, qui stipule le droit à la vie comme un principe fondamental, attestant ainsi que le respect de la vie humaine est une valeur historique en Afrique, bien avant l’adoption des normes modernes des droits de l’homme.
L’élue interpelle le gouvernement à adopter des solutions durables et inclusives pour combattre la criminalité, insistant sur la nécessité de changer de paradigme.
« Je lance un appel, à travers la Première ministre, à considérer cette question avec sérieux. Il est crucial de ne pas banaliser cette problématique en évoquant des exécutions. Nous, politiciens, avons la responsabilité de réfléchir aux conséquences sur l’avenir », conclut-elle avec conviction.
En somme, Christelle Vuanga appelle à privilégier des politiques qui préservent la vie et offrent de réelles opportunités aux jeunes, plutôt que de se cantonner à des réponses radicales et inefficaces.
Lydia Mangala

