Après trois années d’une transition sinueuse sous la direction du Comité de Normalisation (CONOR), la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) se trouve à la croisée des chemins. Le calendrier publié le 23 février dernier est le départ d’une course contre la montre pour sauver un sport roi en quête de légitimité et de structure.
À Kinshasa comme dans les provinces, le mot d’ordre est que le changement ne doit plus être un slogan, mais une réalité institutionnelle. Le processus qui s’ouvre en ce début mars 2026 est conçu comme une montée en puissance. Tout commence par la base et les structures spécialisées, avant l’apothéose prévue pour le mois d’avril. Cette séquence rapide vise à installer des dirigeants dotés d’un mandat électif fort, capables de sortir le football congolais de l’immobilisme.
Le lundi 9 mars 2026, l’élection est prévue à la Ligue nationale de football des jeunes (LINAFJ). Le lendemain, le 10 mars 2026, ce sera au tour de la Ligue nationale de football féminin (LINAFF). Le 11 mars 2026, l’élection concernera la Ligue nationale de football (LINAFOOT), avant le scrutin final prévu pour la présidence de la FECOFA le 11 avril 2026.
L’exigence d’un souffle nouveau
Pourquoi ce scrutin est-il si crucial ? Le football de la République démocratique du Congo souffre d’un paradoxe criant : une ferveur populaire inégalée et des talents bruts exceptionnels, mais des infrastructures souvent défaillantes et une gestion administrative régulièrement pointée du doigt.
Le passage du CONOR à un comité exécutif élu doit marquer la fin de l’ère du « dépannage ». Les supporters et acteurs du ballon rond attendent désormais une vision à long terme. Il ne s’agit plus seulement de gérer les crises et d’organiser des déplacements périlleux pour les Léopards, mais de bâtir un véritable écosystème avec une professionnalisation des clubs, une rénovation des stades et, surtout, une transparence financière.
Sans doute, le grand défi de ces élections sera d’éviter le recyclage des anciennes pratiques. Pour que le changement soit effectif, les nouveaux visages, ou les anciens aux méthodes renouvelées, devront répondre à une soif de modernité. La FIFA, qui a prolongé le mandat du CONOR jusqu’au 15 avril 2026 pour garantir la stabilité du processus, observe de près.
En République démocratique du Congo, le futur président de la FECOFA héritera d’un chantier colossal, mais aussi d’une opportunité de réconcilier l’administration du football avec son public. Alors que les Léopards luttent sur le terrain pour une place au Mondial 2026, les dirigeants devront prouver qu’ils sont à la hauteur de l’ambition nationale.
Le 11 avril 2026 ne sera pas seulement la fin d’une transition : ce doit être l’acte de naissance d’une nouvelle ère. Le football congolais ne demande qu’à décoller, il lui faut désormais des pilotes capables de garder le cap.
Josaphat Mayi


