Une soirée dédiée à la célébration du mois de la femme s’est tenue lundi au Pullman Kinshasa Grand Hôtel, réunissant autorités publiques, opérateurs économiques et actrices du secteur du textile autour de la valorisation de la femme congolaise.
Organisé par Vlisco en collaboration avec la Primature, l’événement s’est déroulé sous le haut patronage de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. La rencontre a mis en lumière la contribution déterminante des femmes dans le commerce des pagnes, un secteur qui constitue pour beaucoup un véritable levier d’autonomisation économique.
Présente à cette soirée, la Corporate Vlisco Marinel, Grâce Awa Asuaka, a salué une forte mobilisation autour de la promotion du leadership féminin et de l’entrepreneuriat des femmes en République démocratique du Congo. Elle n’a pas manqué de souligner son admiration pour la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, en sa qualité de Première Femme à occuper ce poste, cela procure une grande fierté et beaucoup d’inspiration pour la génération des femmes leaders dont elle fait partie.
Un témoignage personnel de la Première ministre
Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a livré un témoignage personnel marquant en évoquant le parcours de sa mère, vendeuse de pagnes. Selon elle, cette activité commerciale a largement contribué à financer l’éducation de ses enfants.
« Ces femmes commerçantes incarnent la dignité du travail et la résilience. Elles participent activement à l’éducation de leurs enfants et à la stabilité économique des ménages », a-t-elle déclaré devant l’assistance.
À travers ce récit, Judith Suminwa Tuluka a encouragé les femmes à poursuivre leurs activités avec détermination, à se professionnaliser davantage et à viser l’excellence. Elle a également exhorté les jeunes à s’intéresser à ces secteurs d’activité, même dans un contexte marqué par la rareté de l’emploi formel.
Les défis du secteur du commerce des pagnes
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations majeures ont été soulevées par les opérateurs économiques du secteur.
Parmi elles figure la question de la réorganisation des marchés de Kinshasa. La délocalisation temporaire de nombreuses vendeuses, consécutive aux travaux de réhabilitation du Grand Marché, a eu un impact notable sur l’accessibilité des boutiques et sur les volumes de vente. Les autorités ont toutefois rassuré les commerçantes quant à l’inauguration prochaine des infrastructures modernisées.
Autre point sensible : la pression fiscale. Les commerçants, notamment les détenteurs de boutiques, ont évoqué les difficultés à maintenir une rentabilité face à la multiplicité des taxes et des charges, notamment celles liées à la fiscalité, au loyer, à l’électricité ou encore aux formalités douanières.
La problématique de la formalisation du secteur a également été largement débattue. Une grande partie des acteurs du commerce de pagnes évolue encore dans l’informel, créant ainsi un déséquilibre fiscal qui pèse davantage sur les entreprises structurées. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de simplifier les procédures de formalisation afin d’élargir l’assiette fiscale et de rétablir une concurrence plus équitable.
Encourager l’entrepreneuriat féminin
Les discussions ont également mis l’accent sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’accompagnement en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Les autorités et les partenaires économiques ont plaidé pour la création de petites entreprises et de startups dans le secteur du textile, avec des dispositifs de soutien adaptés.
De son côté, la directrice générale de Vlisco Congo, Edwin Endundo, a exprimé sa reconnaissance envers les nombreuses femmes impliquées dans la distribution et la vente des produits de la marque.
Elle a rappelé que le pagne Vlisco ne constitue pas seulement un produit commercial, mais qu’il représente également un symbole culturel fort, porteur d’identité et d’histoire pour les communautés africaines.
Cette soirée de célébration s’inscrit ainsi dans une dynamique visant à promouvoir le rôle central des femmes dans l’économie congolaise et à renforcer leur participation active dans les chaînes de valeur du secteur textile.
Joséphine Mawete


