Construite en 2013 sous l’impulsion de l’ancien président Joseph Kabila, l’usine de fabrication des panneaux d’acier polystyrène de Kisangani représente l’un des projets industriels les plus ambitieux jamais implantés dans la Tshopo.
Évaluée à 7,5 millions de dollars et placée sous la gestion de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), elle était censée offrir à la ville et à la province une réponse innovante au défi du logement. Pourtant, après plus d’une décennie d’inactivité, cette infrastructure stratégique peine toujours à démarrer.
Un projet pensé pour reconstruire après les blessures de la guerre
À l’origine, la première phase du projet visait la construction de 360 maisons préfabriquées, en priorité pour les victimes de la guerre de six jours à Kisangani.
La technologie adoptée des panneaux composés de deux couches de tôle d’acier et d’un noyau en polystyrène expansé devait permettre de bâtir rapidement des logements solides, isolés et moins coûteux que les méthodes traditionnelles.
Ce choix traduisait la volonté des autorités de l’époque d’allier modernité, efficacité et réponse sociale à un traumatisme historique.
Douze ans d’attente et de tergiversations
Malgré le potentiel de cette usine, la réalité a été marquée par un long blocage. Des lenteurs administratives et des considérations politiques sous le régime précédent ont freiné toute mise en production.
L’infrastructure est ainsi restée à l’abandon, exposée à l’usure du temps, alors qu’elle aurait pu contribuer à résorber la crise du logement dans la région.
Ce gel prolongé a aussi privé la Tshopo d’emplois directs et indirects, et retardé le développement d’un savoir-faire local dans la préfabrication industrielle.
Un enjeu stratégique pour le développement de Kisangani et de la Tshopo
La relance de cette usine serait plus qu’un simple redémarrage industriel. Elle ouvrirait la voie à la production massive de logements sociaux, tout en stimulant d’autres secteurs connexes comme le transport, la logistique et le commerce local.
Les panneaux d’acier polystyrène, grâce à leur légèreté et leur résistance, pourraient aussi être utilisés pour des écoles, des centres de santé ou des infrastructures administratives.
Dans un contexte où la modernisation urbaine devient une priorité nationale, Kisangani pourrait ainsi redevenir un pôle de construction rapide et durable.
Vers un nouveau souffle industriel
Alors que le pays cherche à diversifier son économie et à promouvoir la transformation locale, la remise en service de cette usine constituerait un signal fort.
Au-delà de l’impact économique, ce projet porterait une dimension sociale et symbolique, en transformant un site longtemps endormi en moteur de développement.
Pour Kisangani et ses habitants, ce serait la concrétisation d’une promesse vieille de plus de dix ans, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour l’industrie de la construction en RDC.
Lydia Mangala


