Aujourd’hui, la RDC célèbre la journée nationale de l’enseignement autour du thème : « Éduquer pour transformer, former pour bâtir ».
Comme l’a souligné ce matin dans son message officiel, la Ministre de l’Education Nationale, Raïssa Malu , l’éducation est le premier chantier de toute transformation durable. Pour construire un pays, il faut donc construire une école. Plus une population est éduquée, plus elle est productive, ce qui a en retour un impact positif sur la croissance économique. L’éducation est au cœur de la compétitivité des États : Des médecins mieux formés attirent davantage de patients étrangers, générant des retombées économiques positives ; Des ingénieurs compétents permettent la transformation locale de nos ressources naturelles, la construction d’usines, et la création d’emplois pour les jeunes.
Taxé de budgétivore à défaut parfois, le secteur éducatif congolais doit être plutôt considéré comme l’investissement le plus stratégique que peut faire un État. Sa transversalité en fait une pépinière pour tous les métiers et savoirs indispensables à la construction de la nation.
En ce jour où nous célébrons la journée de l’enseignement, c’est un appel à investir d’avantage aux politiques publiques en faveur de l’éducation en RDC que je voudrais faire.
Quelles politiques éducatives pour la RDC ?
Le dernier Rapport d’État du Système Éducatif National (RESEN 2022) révélait une réalité préoccupante : les dépenses publiques pour l’éducation représentaient à peine 2,2 % du PIB. Le seuil recommandé par l’UNESCO est entre 4 % et 6 % du PIB, ou 15 % à 20 % du budget national.
Investir dans l’éducation, ce n’est pas simplement une nécessité financière, c’est un engagement stratégique envers l’avenir de la RDC. Il s’agit de poursuivre et de consolider des mesures structurantes, telles que :
La gratuité de l’enseignement primaire, accompagnée de financements suffisants et équitables pour garantir un accès réel à tous ;
• La formation initiale et continue des enseignants ;
• La disponibilité des manuels scolaires adaptés et un encadrement pédagogique efficace.
Amélioration de l’efficacité des financements éducatifs
Aujourd’hui, près d’un tiers des dépenses du secteur éducatif sont perdues en raison d’une inefficacité structurelle. Plus de 90 % du budget est absorbé par la masse salariale, ne laissant que peu de marge pour les investissements indispensables : infrastructures, manuels scolaires, formation continue, innovations pédagogiques.
Pour y remédier, plusieurs leviers sont à actionner :
Renforcer la transparence et le suivi des dépenses à tous les niveaux du système ;
• Allouer davantage de ressources aux investissements structurants, notamment pour la formation des enseignants et l’acquisition de matériel pédagogique moderne ;
• Cibler prioritairement les zones vulnérables, à faible performance scolaire, afin d’éviter l’émergence d’un système éducatif à double vitesse.
Des réformes concrètes sont en cours
Des avancées notables sont à souligner, des réformes courageuses sont actuellement en cours au sein du Ministère de l’Éducation :
La construction de plus de 400 nouvelles écoles,
• Le lancement de 3 000 salles de classe supplémentaires,
• La réforme des examens nationaux,
• L’intégration du numérique et l’officialisation de l’enseignement à distance,
• L’octroi de bourses scolaires pour les filles au secondaire,
• Et très bientôt, le recrutement de 5 000 enseignantes.
Ces réformes témoignent d’une volonté de transformation profonde.
Éduquer pour transformer, c’est faire de chaque élève un acteur du changement; Former pour bâtir, c’est préparer les jeunes à relever les défis de demain.
Et cela ne serait pas possible sans nos enseignants.
Ces architectes invisibles de la nation ne construisent pas des murs, mais des esprits. Dans chaque salle de classe, ils façonnent silencieusement l’avenir de la RDC.


