Le Conseil économique et social (CES) a dressé, à l’occasion de la clôture de sa session ordinaire d’avril 2026, tenue le lundi 1er juin à Kinshasa, un diagnostic sans concession des défis auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Dans un message porté par son président, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, l’organe consultatif appelle les acteurs politiques à privilégier la sérénité et le dialogue autour de la question constitutionnelle, tout en exhortant à engager des réformes économiques de fond.
Jean-Pierre Kiwakana Kimayala a insisté sur le caractère sensible de toute réflexion relative à une révision ou à un changement de la Constitution. Selon lui, ces discussions doivent se dérouler dans un esprit d’inclusivité et d’apaisement, loin de toute personnalisation ou logique partisane. Il rappelle que de telles décisions engagent non seulement la stabilité des institutions, mais aussi l’avenir collectif de la nation.

Le CES alerte sur la vulnérabilité persistante de l’économie congolaise. Malgré un potentiel important en ressources naturelles, le pays reste fortement dépendant des matières premières non transformées, ce qui l’expose aux chocs extérieurs. La faible industrialisation, le chômage élevé des jeunes et la croissance démographique rapide constituent autant de freins au développement durable.
Le Conseil plaide ainsi pour des réformes ambitieuses axées sur la diversification économique, la transformation locale des ressources et la mise en place de politiques fiscales favorables à l’investissement productif.
Le président du CES a également souligné la pression démographique croissante sur les infrastructures, l’éducation, la santé et le marché de l’emploi.
Avec une population majoritairement jeune, dont près de la moitié a moins de 15 ans, la RDC dispose d’un potentiel démographique important, à condition d’investir massivement dans la formation, l’enseignement technique et la création d’emplois décents.
L’institution met aussi en garde contre les risques liés à la volatilité des prix des matières premières, qui peuvent fragiliser les recettes publiques et compromettre les projets de développement. Elle recommande d’accélérer la création de valeur ajoutée locale et de soutenir davantage l’entrepreneuriat national afin de réduire cette dépendance.
Le CES a replacé ses recommandations dans le contexte des crises multidimensionnelles que traverse le pays. L’insécurité persistante dans l’Est continue de peser sur l’activité économique et sociale, entraînant des déplacements massifs de populations.
Par ailleurs, la résurgence d’épidémies, notamment la maladie à virus Ebola dans certaines zones, accentue les vulnérabilités et appelle à une réponse intégrée.
Au cours de cette session, le Conseil a formulé plusieurs avis sur des secteurs clés tels que l’éthique du personnel soignant, la transformation numérique, la gestion des déchets, la réforme éducative, la sécurité alimentaire et le développement rural. Ces propositions visent à orienter les politiques publiques vers des solutions concrètes et durables.
En conclusion, Jean-Pierre Kiwakana a lancé un appel à la responsabilité collective, invitant les acteurs nationaux à privilégier la cohésion, le dialogue et des réformes structurelles plutôt que les tensions politiques.
Le CES entend ainsi renforcer son rôle de cadre de réflexion au service des décideurs, en apportant des analyses et des recommandations adaptées aux défis actuels du pays.
Joëlle Luniongo


