En faveur du respect des droits fondamentaux et de l’assainissement du système carcéral, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a ordonné la libération immédiate de 125 personnes détenues de manière irrégulière à la prison centrale de Prison centrale de Makala, à Kinshasa. Cette décision fait suite à un contrôle de légalité visant à vérifier les conditions de détention et la régularité des procédures judiciaires.
Concernant la gestion des dossiers pénitentiaires, cette mesure repose sur le principe selon lequel nul ne peut être privé de liberté en dehors des cas prévus par la loi. Selon le parquet près la Cour de cassation, plusieurs détenus concernés se trouvaient en détention préventive prolongée sans jugement dans les délais légaux, tandis que d’autres faisaient l’objet d’irrégularités procédurales relevées lors de l’examen de leurs dossiers.
Sur le terrain, le procureur général a personnellement effectué une visite de routine à la prison de Makala afin d’évaluer les conditions de vie des pensionnaires. À l’issue de cette descente, Firmin Mvonde a affirmé que les détenus disposent d’eau, de nourriture et d’une infirmerie fonctionnelle. Mais au-delà de ce constat matériel, il a surtout insisté sur la dimension humaine de sa démarche, rappelant que les personnes incarcérées « ne sont pas des animaux » et qu’il est du devoir de la justice de veiller à leur dignité.
L’autorité judiciaire a expliqué que l’examen approfondi des dossiers lui a permis de constater que certains détenus pouvaient clairement bénéficier d’une levée de détention. Il a également tenu à vérifier que les magistrats respectent strictement les conditions légales avant d’ordonner une incarcération. Dans ce sens, il a lancé un avertissement ferme aux magistrats qui ne respecteraient pas les règles, promettant des sanctions sévères contre les pratiques irrégulières.
Cette vague de libérations contribue aussi à réduire la surpopulation chronique de la prison centrale de Makala, souvent confrontée à un engorgement critique qui complique la prise en charge sanitaire des détenus et le fonctionnement de l’administration pénitentiaire. Le procureur général a toutefois précisé que cette opération n’a aucun lien avec le choléra signalé dans l’établissement, parlant d’une simple coïncidence.
Dans la perspective de prévenir de nouveaux engorgements, Firmin Mvonde a annoncé avoir déjà mis en place des cellules de détention au niveau des parquets de la ville afin que les cas bénins ne soient plus systématiquement envoyés en prison. Il a par ailleurs assuré que les contrôles vont se poursuivre pour assainir durablement le système de détention en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


