Kinshasa, le 30 septembre 2025, le vice-Premier ministre, ministre des Transports, des Voies de communication et du Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a présidé ce mardi une importante réunion à Kinshasa avec les principaux acteurs du transport fluvial et lacustre : représentants des services de l’État, associations d’armateurs, propriétaires de baleinières et constructeurs de bateaux. Objectif : renforcer la sécurité sur les eaux congolaises et mettre un terme aux tragédies récurrentes.
« Tolérance zéro » face au non-respect des règles de sécurité

Dans une intervention au ton particulièrement ferme, Jean-Pierre Bemba a rappelé la nécessité de faire appliquer strictement les mesures arrêtées en octobre 2024, qui avaient permis une baisse significative des accidents, tout en déplorant un certain relâchement observé ces derniers mois.
« La faute ne revient pas seulement aux propriétaires d’embarcations, mais aussi aux structures de l’État, notamment les commissaires fluviaux et lacustres, qui ne font pas leur travail. Nous poursuivrons les contrôles, non pour embêter, mais pour vérifier l’essentiel : le port obligatoire du gilet de sauvetage. Il est inacceptable que des passagers embarquent sans gilet, même sur des embarcations de fortune », a-t-il martelé devant une centaine de participants.
Vers la fin des baleinières artisanales

Le vice-Premier ministre a également annoncé une réforme en profondeur du secteur, notamment l’interdiction progressive des baleinières en bois construites artisanalement, souvent à l’origine de naufrages.
« Dans le programme lancé il y a un an, de nouveaux modèles d’embarcations, semblables à des péniches, sont en construction dans les chantiers navals de la RVF et de l’Onatra. Ces bateaux, capables de transporter entre 250 et 280 passagers dans des conditions sécurisées – avec sièges et sanitaires à bord – seront inaugurés d’ici la fin de l’année. L’objectif est d’interdire les baleinières qui ne répondent à aucune norme de sécurité », a précisé Jean-Pierre Bemba.
Lutte contre les tracasseries et renforcement des moyens de surveillance

Le VPM a également prêté une oreille attentive aux préoccupations des acteurs du secteur concernant les tracasseries administratives le long des voies fluviales et lacustres. Des mesures sont prévues pour y mettre fin.
Par ailleurs, pour améliorer la sécurité et la surveillance, deux nouvelles dragues, dont une destinée à Kalemie, seront prochainement mises en service, et plusieurs hors-bords seront déployés sur les eaux territoriales congolaises.
Les contrevenants seront poursuivis

Jean-Pierre Bemba a enfin tenu à rappeler que les responsables d’accidents liés au non-respect des règles de sécurité seront traduits en justice.
« Ceux qui ne respectent pas les mesures et causent des accidents devront répondre devant la justice, quel que soit le temps que cela prendra », a-t-il averti.
Une réunion de travail est prévue ce jeudi avec les représentants des différentes corporations pour définir les prochaines étapes et assurer une mise en œuvre rigoureuse de ces nouvelles mesures.
Avec cette série d’initiatives, le gouvernement congolais entend marquer un tournant décisif dans la sécurisation du transport fluvial et lacustre, un secteur vital pour l’économie nationale et pour la mobilité de millions de citoyens à travers le pays.
Joséphine Mawete


