Au bout d’une nuit de suspense respirable uniquement pour les cœurs solides, le Maroc a composté son billet pour la finale de « sa » Coupe d’Afrique des Nations en écartant le Nigeria (0-0, 4-2 t.a.b.). Si la qualification est collective, un homme a particulièrement marqué les esprits durant les 120 minutes de cette bataille tactique. Il s’agit de Neil El Aynaoui.
Le milieu de terrain de l’AS Rome, du haut de son 1 mètre 85, n’a pas seulement joué une demi-finale. Il a donné une leçon de maîtrise, s’imposant comme le véritable métronome des Lions de l’Atlas. Face à la puissance athlétique des milieux nigérians, El Aynaoui a opposé une science du placement et une sérénité déconcertante. Là où le combat physique faisait rage, le natif de Nancy a apporté la lumière par sa justesse technique.
Toujours disponible, rarement sous pression, il a dicté le tempo du match avec une maturité de vieux briscard. Qu’il faille temporiser pour casser le pressing adverse et accélérer par une passe verticale bien sentie, El Aynaoui a été le point d’ancrage indéboulonnable du dispositif de Walid Regragui. Sa capacité à couvrir les espaces et à couper les lignes de passes a littéralement étouffé les velléités offensives des Super Eagles pendant deux heures de jeu intensif.
En conférence de presse d’après-match, le sélectionneur national Walid Regragui n’a pas tari d’éloges sur son joyau, n’hésitant pas à faire le parallèle avec Younès El Aynaoui, père du joueur.
«C’est un joueur fantastique. Aujourd’hui, encore le match qu’il fait, c’est le très haut niveau. Il a joué pratiquement toutes les minutes. Tel père, tel fils, j’ai envie de le dire. Je pense qu’il a le même état d’esprit avec son père. Je pense qu’il donnera au Maroc le même ADN inchallah. », a-t-il déclaré devant les médias.
Malgré une prestation XXL qui le place désormais comme un titulaire indiscutable, le milieu de terrain de 24 ans est resté fidèle à sa réputation de joueur sobre et collectif lors de son passage en zone mixte. Les yeux encore brillants après la séance de tirs au but victorieuse, il savourait la qualification tout en restant tourné vers l’objectif ultime.
« C’est incroyable. J’espère que vous avez vu l’ambiance dans le stade, le scénario était dingue. C’est important et on va profiter de la victoire, ensuite on va rapidement basculer pour la finale de dimanche face au Sénégal. », a expliqué l’intéressé en zone mixte.
Alors que le Maroc s’apprête à défier les Lions de la Teranga en finale, une certitude demeure. Avec un Neil El Aynaoui à ce niveau de «taille patron», l’entrejeu marocain possède une assurance tous risques pour garder la coupe à la maison.
Josaphat Mayi, à Rabat


