Kinshasa fait face à des défis croissants en matière de mobilité et de salubrité, et le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a tenu à le rappeler avec force lors de son discours sur l’état de la Nation, prononcé ce lundi 8 décembre devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès.
Dans une adresse empreinte de réalisme et de fermeté, le Chef de l’État a exprimé sa vive inquiétude quant à la dégradation des conditions de circulation et de propreté dans la capitale, appelant à des actions urgentes et structurantes.
« Les embouteillages épuisent nos familles et freinent la productivité »
Dans son intervention, le Président n’a pas mâché ses mots :
« Les embouteillages de la ville de Kinshasa épuisent nos familles, freinent la productivité, renchérissent le coût de la vie et affectent l’image même de notre capitale », a-t-il dénoncé, soulignant le caractère alarmant de la situation.
Pour Félix Tshisekedi, ces dysfonctionnements ne se résument pas à de simples difficultés logistiques : ils traduisent un défi national de gouvernance urbaine.
« La capitale ne peut continuer à grandir sans une planification et un pilotage à la hauteur de son poids démographique et économique », a-t-il averti, appelant à un changement de cap immédiat.
Un appel à des décisions urgentes, coordonnées et courageuses
Face à ce constat préoccupant, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’adopter des mesures structurantes et cohérentes.
« Il est impérieux que des décisions urgentes, coordonnées et courageuses soient prises, lesquelles doivent être fondées sur une vision d’ensemble de la mobilité, de l’occupation du sol et du développement des pôles d’activités », a-t-il jugé.
Cette approche intégrée, selon lui, doit désormais guider la gestion de Kinshasa, une ville qui compte officiellement plus de 16 millions d’habitants et continue de s’étendre de manière souvent non planifiée.
Une situation exacerbée en période de fêtes
La capitale congolaise, régulièrement paralysée par de longs embouteillages, connaît chaque fin d’année une congestion encore plus aiguë.
À l’approche des festivités, des milliers de Kinois affluent vers le Grand Marché pour s’approvisionner, aggravant la fluidité déjà fragile de la circulation.
Les difficultés de mobilité se doublent d’un problème persistant d’insalubrité, accentuant les frustrations des habitants et l’image négative renvoyée par la ville.
Le gouverneur Daniel Bumba rappelle les travaux engagés
Dans une interview récente accordée à Top Congo FM, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, avait néanmoins mis en avant les efforts entrepris par son administration.
Il avait affirmé avoir réussi l’asphaltage d’environ 120 kilomètres de routes sur les 660 kilomètres prévus, ainsi que la prise en charge de 302 avenues dans différents quartiers de Kinshasa.
Si ces chiffres témoignent d’une dynamique amorcée, ils restent cependant insuffisants face à l’ampleur des défis, d’où l’urgence, selon le Président, d’une meilleure coordination des actions publiques et d’une vision plus globale.
Un signal à l’endroit des autorités urbaines
En plaçant la question de la mobilité et de la salubrité au cœur de son discours, Félix Tshisekedi envoie prouve que la gestion de Kinshasa doit connaître une transformation profonde et rapide.
Le Chef de l’État réclame désormais une gouvernance urbaine plus rigoureuse, mieux structurée et orientée vers l’efficacité, afin de restaurer la fluidité, la propreté et l’image de la capitale.
Lydia Mangala


