C’est ce samedi 21 mars 2026 que s’est tenue la deuxième édition de TEDx Kin Women au Centre Culturel et Artistique des Pays de l’Afrique Centrale (CCAPAC), à Kinshasa. Placée sous le thème « Oser autrement », cette grande conférence internationale a rassemblé 12 femmes aux parcours inspirants, venues partager avec sincérité leurs expériences, leurs défis quotidiens ainsi que leur vision d’un avenir construit avec audace, détermination et engagement.
Dès les premières heures, le ton de l’événement était déjà donné. La salle, progressivement remplie de participants attentifs et curieux, a été témoin des échanges, des retrouvailles et d’une attente palpable. L’événement, modéré avec aisance par Claustephy Mbuatas et Dakate Boluwa, s’est ouvert sur une interlude artistique de la chorale symphonique Medical Power, dont la prestation, à la fois douce, harmonieuse et puissante, a su installer une ambiance solennelle tout en préparant le public à vivre une journée riche en émotions et en apprentissages.
Une vision portée par l’engagement et le leadership
Prenant la parole à l’ouverture dans un climat d’attention soutenue, l’initiateur de l’événement, Firmin Mbenza, aux côtés de Nelly Tshela Mutay, fondatrice de l’Académie d’art oratoire et leadership, a tenu à rappeler avec conviction l’essence même de TEDx Kin Women ainsi que les motivations profondes qui ont conduit à la mise en place de cette initiative.
Ils ont insisté sur la nécessité de créer des espaces d’expression où les femmes peuvent non seulement partager librement leurs expériences, mais aussi inspirer d’autres parcours et susciter des vocations.
Ils ont clairement exprimé leur ambition de contribuer à faire émerger une génération de femmes conscientes de leur potentiel, capables de transformer leur environnement malgré les obstacles, les doutes et les réalités parfois complexes.
Des témoignages vrais, entre défis, doutes et dépassement de soi

« Très vite, j’ai compris que rien ne se passerait comme prévu… mais malgré tout, il fallait continuer », a-t-elle déclaré en insistant sur la réalité du terrain et les exigences qu’elle impose au quotidien.
Poursuivant son intervention, elle a tenu à mettre en avant l’importance de l’adaptation dans un environnement complexe où les certitudes sont rares.
« La vraie question n’est pas : comment faire plus ? Mais plutôt : comment faire mieux avec ce que nous avons », a-t-elle insisté, avant de préciser avec conviction que la durabilité est aujourd’hui le plus grand levier de croissance et de résilience.
Apprendre, douter mais avancer quand même

Dans un registre tout aussi authentique et accessible, la responsable des resources humaines de la Rawbank, Mamie Lukusa, est revenue avec beaucoup de simplicité sur ses 15 années d’expérience dans le secteur bancaire, en partageant un parcours fait d’apprentissage, de doutes, mais surtout de persévérance.
« Au début, je me demandais souvent : suis-je à ma place ? suis-je capable ? », a-t-elle reconnu, mettant en lumière les questionnements qui accompagnent souvent les premières étapes d’une carrière.
Malgré ces incertitudes, elle a expliqué qu’elle a choisi de continuer, jour après jour, en faisant preuve de discipline et de détermination, en affirmant que
« Chaque matin, je revenais… fatiguée parfois, mais déterminée à faire mieux que la veille », a-t-elle raconté en soulignant l’importance de la constance dans l’effort.
Avec le recul de plusieurs années d’expérience, elle a tenu à partager une leçon forte et universelle.
« Le succès n’est pas un point d’arrivée. C’est un chemin », a-t-elle affirmé.
Foi, identité et force intérieure
Certaines interventions ont pris une dimension plus personnelle, presque intime, en abordant des sujets liés à la foi, à l’identité et à la force intérieure.
C’est dans ce cadre que Lydie Omanga, Vice-présidente de l’ARPTC, a choisi de partager sa vision de la foi comme moteur de courage et de stabilité dans les moments de doute.

« La vraie audace n’est pas dans les projecteurs, elle est dans le calme de votre chambre, lorsque vous priez », a-t-elle déclaré, invitant chacun à cultiver une force intérieure souvent invisible mais essentielle.
Son message a trouvé un écho particulier auprès du public.
Briser les barrières et reprendre sa place
Plusieurs intervenantes ont également abordé avec franchise les obstacles, visibles ou invisibles, qui freinent encore aujourd’hui l’évolution de nombreuses femmes.
Jessica Bamala, Responsable Senior des affaires gouvernementales chez VISA RDC, a notamment évoqué le beauty privilege ainsi que le syndrome de l’imposteur, deux réalités souvent minimisées mais bien présentes.
« Si vous êtes là, c’est que c’est votre place », a-t-elle martelé, appelant à une prise de conscience collective.
Elle a ensuite encouragé les femmes à sortir de leurs hésitations et à passer à l’action.
« Osez prendre la parole. Osez être authentiques. Osez envoyer cette candidature, même sans recommandation », a-t-elle insisté avec force.
L’audace comme choix de vie
Dans la continuité des échanges, la DG de Vlisco, Edwige Endundo, a proposé une réflexion profonde sur la notion même d’audace, en la définissant comme un acte volontaire et assumé.
« Oser, c’est briser les codes pour transmettre », a-t-elle affirmé, tout en rappelant que cette audace implique également d’accepter les critiques et les regards extérieurs.
« Oser, c’est aussi être prêt à être jugé mais continuer malgré tout », a-t-elle ajouté, soulignant la force qu’exige un tel positionnement.

Dans le même esprit, Brenda Lumonadia, Responsable Département administration et paie chez Rawbank, a partagé un témoignage inspirant basé sur son parcours professionnel, construit étape par étape avec patience.
« Les grandes carrières ne commencent pas par de grandes positions », a-t-elle expliqué.
« La persévérance silencieuse change les destins », a-t-elle conclu son intervention.
Dans cette même dynamique de parcours construits avec patience et détermination, Hélène Gakuru, DGA du FOGEC, a choisi de marquer les esprits en racontant une histoire simple, mais profondément parlante, celle d’une femme ordinaire devenue une source d’inspiration. À travers le parcours de Rose, une jeune femme qui rêvait de travailler à la Banque centrale, elle a mis en lumière les détours parfois inattendus que peut prendre une carrière.
Elle a surtout insisté sur la transformation progressive de cette ambition initiale, expliquant que les rêves évoluent avec le temps, les opportunités et les réalités du terrain.
Avec justesse, elle a montré que cette jeune femme, partie avec une vision bien précise de son avenir, a finalement su saisir d’autres opportunités jusqu’à devenir aujourd’hui mandataire publique, prouvant ainsi que les trajectoires ne sont pas toujours linéaires.
Se transformer de l’intérieur pour mieux agir

L’intervention d’Eunice Mali, Brand & CX Strategist, a apporté une dimension plus introspective et pédagogique, en mettant en lumière le rôle du mental dans la construction personnelle.
« Le cerveau amplifie ce que vous lui donnez », a-t-elle expliqué, invitant chacun à faire attention à ses pensées.
« Oser autrement commence par se connaître autrement », a-t-elle insisté, soulignant l’importance de la connaissance de soi dans toute démarche de transformation.
Passer à l’action : la clé de tout

Dans une approche directe et sans détour, Tisya Mukuna, CEO de La Kinoise, a rappelé que les idées, aussi brillantes soient-elles, ne suffisent pas sans passage à l’action.
« Les idées ne valent rien tant qu’on ne pose pas des actions », a-t-elle affirmé, invitant chacun à transformer ses ambitions en actes concrets.
Dans un registre plus émotionnel, Deborah Mutund, Ambassadrice Ellever et Figure iconique de la sphère médiatique, a souligné l’importance de rester fidèle à soi-même malgré les difficultés.
« N’arrêtez jamais de défendre votre travail et n’oubliez jamais d’être heureux malgré tout », a-t-elle confié.
Entre art, jeunesse et transmission

Au-delà des discours, l’événement a été rythmé par des moments artistiques, notamment une performance de slam de Denise Kashala, autour du thème « Oser autrement », une prestation qui a su capter l’attention et renforcer le message de la journée.
La participation d’une élève du lycée Liziba a également marqué les esprits, illustrant l’importance d’impliquer les jeunes générations dans cette dynamique d’audace et de transformation.
Une reconnaissance et un appel à aller plus loin
La représentante de la FAO, Marie Musifu Bouguin, a procédé à la remise de présents aux intervenantes, saluant leur engagement et leur contribution.
En clôture, Nelly Tshela Mutay et Elo Walha ont mis en avant l’initiative de Firmin Mbenza, le qualifiant de He for She par excellence.
« Pourquoi ne pas organiser un TEDx Kin Men pour valoriser aussi les hommes engagés ? », a suggéré Elo Walha.
Cette deuxième édition a été rendue possible grâce à l’appui de plusieurs partenaires, notamment l’ANAPI, Rawbank, Ecobank, FirstBank, Open Access Data Center, Pina Events et Zolanews.net.
Mais au-delà des soutiens, c’est surtout l’énergie, la sincérité et la richesse des échanges qui ont marqué cette journée.
Au terme de cette conférence, les participantes ont compris qu’oser autrement n’est pas un slogan, c’est une attitude, une manière de penser, d’agir, de se relever et de construire.
Une chose certaine est qu’à travers ces 12 voix féminines, TEDx Kin Women 2026 a semé des graines d’audace qui continueront de grandir bien au-delà de cette journée.
Lydia Mangala


