À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, la RDC frappe un grand coup.
Sous le thème « Sa santé, ses droits : Construire un avenir sans fistule obstétricale », le ministère de la Santé publique réaffirme sa détermination à éradiquer ce fléau qui empoisonne la vie de milliers de femmes congolaises.
Des chiffres qui appellent à l’action
En 2023, plus de 5 500 cas ont été enregistrés dans le pays, avec une concentration dramatique dans les provinces du Nord-Kivu, du Haut-Lomami et du Kasaï-Central.
Ce bilan est le triste reflet d’accouchements prolongés sans prise en charge adéquate.
Chaque année, le manque d’infrastructures et de personnel formé condamne des femmes à l’isolement et à une souffrance silencieuse.
De la chirurgie réparatrice à la réinsertion sociale
Face à cette urgence, Kinshasa a multiplié les partenariats, notamment avec l’UNFPA.
Des équipes spécialisées en chirurgie réparatrice, déployées dans chaque province, ont permis à près de 2 000 femmes de recouvrer leur dignité en 2023.
Mais l’enjeu va au-delà du bloc opératoire : des cellules d’écoute, des ateliers de réinsertion et un accompagnement psychologique sont aujourd’hui indispensables pour reconstruire la vie de ces rescapées.
Impliquer les communautés pour prévenir
La lutte contre la fistule ne peut pas être cantonnée aux hôpitaux. Dans les villages et quartiers périphériques, des relais communautaires sont désormais formés pour détecter les grossesses à risque, encourager la consultation prénatale et dénoncer les accouchements en marge du circuit médical.
Cette mobilisation de terrain, couplée à des campagnes radio et des rencontres de sensibilisation, vise à briser le silence et à prévenir la fistule avant qu’elle ne se déclare.
Un pari sur les droits et l’égalité
En plaçant la fistule au cœur de ses priorités, la RDC fait le choix de défendre le droit à la santé maternelle et de promouvoir l’égalité.
L’objectif est de mettre fin à un drame que l’on peut éviter et soigner, et garantir à chaque femme congolaise un accompagnement digne, de la grossesse à la réhabilitation.
Le chemin reste long, mais la détermination du gouvernement, alliée à l’énergie des associations et à la résilience des victimes, ouvre enfin la voie vers un avenir où la fistule obstétricale ne sera plus qu’un souvenir douloureux.
Lydia Mangala


