La circulation est devenue un véritable casse-tête ce mercredi 6 mai à Kinshasa, où plusieurs grands axes sont fortement perturbés, plongeant la capitale dans un chaos quasi généralisé. Images impressionnantes, scènes inhabituelles, certains habitants n’hésitent plus à escalader des murs ou à emprunter des passages improvisés pour tenter d’échapper aux embouteillages interminables.
À l’origine de cette situation, la récente interdiction d’accès aux motos dans certaines zones stratégiques, notamment à Kintambo Magasin, entrée en vigueur depuis lundi. Une mesure qui a profondément désorganisé les habitudes de mobilité dans une ville déjà sous pression démographique.
Dans la commune de Ngaliema, particulièrement au niveau de Suka mur Regideso, la situation est jugée critique. Empêchés d’accéder à Kintambo Magasin et à l’axe Nzela Mayi, les motards se redirigent massivement vers des itinéraires secondaires et des écuries, provoquant une congestion extrême. Véhicules, motos et piétons se retrouvent bloqués dans un enchevêtrement difficilement gérable.
Le phénomène s’étend à d’autres zones de la capitale. Depuis la fermeture de l’avenue du Tourisme aux motocyclistes, les usagers en provenance de Lutendele, Mbudi, Pompage, Mimosa ou encore Malweka sont contraints de passer par Sola, un itinéraire désormais saturé. Par conséquent, des retards en cascade, rendez-vous manqués et activités économiques perturbées.
Sur d’autres axes majeurs, comme le boulevard Sendwe, la situation n’est guère plus reluisante. Les embouteillages y sont devenus quasi permanents, accentuant le sentiment d’une ville complètement engorgée.
Ce désordre urbain met en lumière les limites structurelles de la mobilité dans la capitale congolaise. Selon les données de l’Hôtel de ville, Kinshasa comptait déjà près de 6 millions de motos en circulation en 2025, un chiffre révélateur de la pression exercée sur les infrastructures routières.
Cette situation relance le débat sur la planification urbaine et la gestion du transport dans une mégapole en pleine expansion. Entre croissance démographique rapide, insuffisance des infrastructures et absence de solutions alternatives structurées, la capitale semble aujourd’hui atteindre un point de saturation critique.
Pour de nombreux Kinois, le quotidien devient un véritable parcours du combattant, dans une ville qui, chaque jour un peu plus, donne l’impression de suffoquer sous le poids de sa propre croissance.
Lydia Mangala


