Lors de la Mission économique et de l’investissement RDC–Afrique du Sud, le ministre d’état à l’agriculture et sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a réaffirmé avec force la vision stratégique du Gouvernement congolais de repositionner l’agriculture comme moteur central du développement national et pilier de la souveraineté alimentaire.
À travers une approche structurée et des réformes concrètes déjà engagées, la République démocratique du Congo amorce un tournant majeur. Longtemps relégué derrière le secteur minier, le secteur agricole est désormais érigé en deuxième levier du développement national, avec l’ambition assumée d’en faire, à terme, le premier pilier de l’économie congolaise.
La « revanche du sol sur le sous-sol », une orientation stratégique assumée
Le ministre d’état a rappelé que cette nouvelle orientation entre dans la politique de la « revanche du sol sur le sous-sol », visant à rééquilibrer l’économie nationale en valorisant durablement les immenses potentialités agricoles du pays.
Il a souligné que c’est un retour à l’histoire économique, rappelant que l’agriculture constituait jadis la principale base de l’économie congolaise avant l’essor du secteur minier.
Aujourd’hui, le Gouvernement entend corriger ce déséquilibre structurel en dotant le pays d’une stratégie agricole nationale cohérente, capable de générer des emplois, de renforcer la sécurité alimentaire et d’attirer des investissements productifs.
Cette stratégie repose sur cinq piliers structurants, conçus pour transformer en profondeur le secteur agricole et en faire un véritable levier de croissance inclusive.
Des piliers techniques pour booster la productivité agricole
Le premier pilier concerne la semence, élément fondamental de toute production agricole performante. Avec des rendements moyens estimés à seulement 800 kg par hectare, la RDC fait face à un déficit important de semences de qualité. Pour y remédier, le Gouvernement a engagé la relance des plateformes semencières nationales et ouvert le secteur aux investisseurs privés, afin de reconstituer un écosystème semencier viable et compétitif.
Le deuxième pilier porte sur les fertilisants et pesticides. Nourrir les sols est indispensable pour améliorer durablement les rendements agricoles. Le ministre a insisté sur la nécessité de développer des industries locales d’intrants agricoles, réduisant la dépendance aux importations tout en créant de nouvelles opportunités d’investissement industriel.
La mécanisation agricole constitue le troisième pilier. Face à l’immensité du territoire national, la motorisation de l’agriculture apparaît comme une condition essentielle pour accroître les superficies cultivées, réduire la pénibilité du travail champêtre et améliorer la productivité. Le Gouvernement a déjà amorcé ce processus, avec l’introduction progressive d’équipements agricoles modernes.
Production, financement et ouverture aux investisseurs
Le quatrième pilier est axé sur la production agricole proprement dite. À travers l’opérationnalisation du Fonds national de développement agricole (FONADA), l’État entend soutenir les petits producteurs, encourager l’agriculture semi-industrielle et sécuriser les investissements dans le secteur.
Le ministre d’État a affirmé que l’agriculture congolaise est désormais ouverte aux investisseurs, nationaux comme étrangers. Cette ouverture vise à créer des chaînes de valeur agricoles solides, capables de transformer localement la production et de renforcer l’autonomie alimentaire du pays.
À travers cette stratégie ambitieuse, la RDC veut faire de l’agriculture non seulement un secteur de subsistance, mais un véritable pilier de croissance, de souveraineté et de transformation économique durable.
Lydia Mangala


