La question des fourrières et du remorquage des véhicules prend des proportions inquiétantes à Kinshasa.
Dans une correspondance adressé à Daniel Bumba, Gouverneur de la Ville-Province, l’honorable Gaël Bussa, député national honoraire, a tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de pratiques abusives et socialement destructrices.
Selon lui, si l’État n’intervient pas rapidement, ces méthodes risquent de provoquer un véritable chaos urbain et social.
Une problématique devenue insupportable pour les citoyens
Gaël Bussa rappelle que dans une capitale où aucun parking public reconnu n’a été mis en place, les automobilistes se retrouvent dans une impasse.
Faute d’infrastructures adaptées, les conducteurs se garent dans des zones dont le statut n’est pas clair, et pourtant leurs véhicules sont régulièrement enlevés par des équipes de remorquage.
Cette situation, autrefois limitée au centre-ville de la Gombe, s’étend désormais jusque dans les quartiers périphériques, aggravant le sentiment d’injustice et d’arbitraire.
Des scènes choquantes vécues au quotidien
L’ancien député évoque plusieurs cas qui témoignent de la gravité du problème.
Devant certaines écoles, des parents venus récupérer leurs enfants découvrent que leur véhicule a été saisi. Dans les hôpitaux, des malades ou leurs proches, déjà en détresse, voient leurs moyens de transport disparaître sous leurs yeux.
Même les travailleurs qui rentrent d’une longue journée se retrouvent dans l’angoisse, leurs voitures étant emmenées sans préavis.
Pour récupérer les véhicules, les propriétaires doivent s’acquitter de frais exorbitants, sans compter les dommages matériels souvent causés lors du transport, allant des pneus abîmés à des carrosseries rayées.
Des pratiques accompagnées d’abus et d’humiliations
Au-delà des frais imposés, Gaël Bussa dénonce également le comportement de certains agents en charge de ces opérations.
Selon lui, les automobilistes ne subissent pas seulement une sanction financière, mais aussi une véritable humiliation. Langage agressif, insultes, menaces, voire violences physiques, sont devenus monnaie courante lors de ces interventions.
Pour le député honoraire, il est inadmissible que des citoyens soient traités avec un tel mépris alors que l’État ne leur offre aucune solution de stationnement organisée.
Un appel à une régulation urgente
Dans sa lettre au Gouverneur, Gaël Bussa propose des pistes pour une régulation plus claire et plus juste.
Il insiste sur la nécessité d’instaurer des règles transparentes qui tiennent compte de la réalité urbaine de Kinshasa, où la croissance démographique et l’expansion économique ne s’accompagnent pas encore d’infrastructures adaptées.
Selon lui, il est temps de transformer l’indignation citoyenne en actions concrètes, pour restaurer la confiance entre l’autorité publique et la population.

Lydia Mangala


