Cinquante-deux ans après l’épopée de 1974, la République démocratique du Congo renoue avec son destin mondial. De l’aéroport de Ndjili au Palais du Peuple, l’attaquant congolais Simon Banza, porté par une marée humaine, a partagé son émotion après ce qu’il qualifie de moment charnière de sa carrière.
L’image restera gravée dans les annales du sport congolais. Ce n’était plus un simple trajet urbain, mais une véritable procession. De l’aéroport international de Ndjili jusqu’à l’esplanade du Palais du Peuple, le boulevard Lumumba s’est transformé en un immense tapis tricolore. Des millions de Congolais, massés le long du parcours, ont escorté le bus à impériale des héros de Guadalajara dans une ambiance électrique, faite de chants, de larmes de joie et de cris de victoire.
Pour Simon Banza, cette communion a pris des airs de révélation. Habitué aux ambiances feutrées des championnats européens, rien ne l’avait préparé à la déferlante kinoise. Juché sur le toit du bus, le regard oscillant entre incrédulité et gratitude, il a pris toute la mesure du poids historique de cette qualification.
Le trajet, qui dure habituellement moins d’une heure, s’est étiré sur une demi-journée. Chaque mètre a été conquis au rythme d’une foule en liesse, impatiente de communier avec ses Léopards. Pour l’attaquant, il ne s’agissait pas seulement d’une célébration sportive, mais d’un moment de réconciliation nationale avec l’élite du football mondial.
Au lendemain de cette traversée mémorable, le joueur s’est adressé directement au peuple congolais via ses réseaux sociaux, dans un message empreint d’humilité et de reconnaissance.
« Merci à mon peuple, le meilleur. Votre force, votre soutien et votre amour nous portent chaque jour un peu plus loin. Porter ces couleurs est une fierté immense, et ce que nous avons accompli n’est qu’une étape », a-t-il écrit.

Au-delà de l’émotion, Simon Banza a également affiché l’ambition qui anime ce groupe. Loin de se satisfaire de cette qualification, il se projette déjà vers les échéances à venir.
« On va continuer dans ce sens, avec la même détermination, la même faim et le même état d’esprit. Merci à tous », a-t-il conclu.
Cette qualification, obtenue après plus d’un demi-siècle d’attente, marque le début d’une nouvelle ère pour le football congolais. Portés par une ferveur populaire exceptionnelle, Simon Banza et ses coéquipiers ne comptent pas faire de la figuration sur la scène mondiale.
Plus qu’un sport, le football apparaît aujourd’hui en RDC comme un puissant moteur d’unité nationale. Les Léopards incarnent désormais l’espoir d’un peuple tout entier.
Josaphat Mayi


