L’insécurité urbaine a atteint un seuil critique dans plusieurs villes congolaises, et Matadi ne fait pas exception. Face à la montée du banditisme et à la recrudescence des actes criminels, le gouvernement a décidé de frapper fort. Ce mardi 11 mars 2025, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a officiellement lancé l’opération « Ndobo » dans la capitale provinciale du Kongo-Central.
Une réponse forte à une insécurité grandissante

Les quartiers de Matadi, naguère paisibles, sont de plus en plus marqués par des actes de violence perpétrés par des bandes organisées, communément appelées « Kuluna ».
Ces jeunes délinquants sèment la terreur à coups de machettes, imposant leur loi dans les rues et menaçant la quiétude des populations. Le phénomène, bien que déjà connu à Kinshasa, s’est progressivement étendu au Kongo-Central, suscitant une inquiétude croissante parmi les habitants et les autorités locales.
C’est dans ce contexte que l’opération Ndobo a été initiée, avec pour objectif de traquer sans relâche les criminels urbains et rétablir un climat de sécurité et de sérénité.
Cette offensive a été décidée au terme d’une réunion élargie du Conseil provincial de sécurité, au cours de laquelle Jacquemain Shabani Lukoo a pris la pleine mesure de la situation grâce aux rapports détaillés des services impliqués dans le maintien de l’ordre.
Une stratégie axée sur la proximité et l’anticipation

Mais pour le Vice-Premier ministre, il ne suffit pas d’agir en réaction aux actes criminels, la clé réside dans l’anticipation et la prévention. C’est pourquoi, au-delà du lancement de l’opération Ndobo, il a procédé à la mise en place des comités provinciaux et locaux de sécurité.
Ces structures, instaurées sur la base des textes réglementaires vulgarisés récemment, joueront un rôle crucial dans l’identification des menaces sécuritaires dès leur genèse. Elles permettront une gouvernance sécuritaire de proximité, où chaque acteur local, autorités, forces de l’ordre et citoyens, sera impliqué dans la surveillance et la prévention.
L’enjeu est de renforcer la coordination entre les services de sécurité et de garantir une réponse rapide et adaptée aux réalités du terrain.
Une opération d’envergure pour une province en alerte

L’opération « Ndobo » a, en premier lieu, été lancée le 06 décembre 2024 dans la ville province de Kinshasa par le VPM Jacquemain Shabani. Si Matadi est la deuxième ville ciblée, l’opération Ndobo s’étendra progressivement à toute la province du Kongo-Central.
Sous la supervision des services de sécurité provinciaux et du gouverneur Grace Nkuanga Bilolo, les forces de l’ordre seront déployées de manière stratégique pour neutraliser les foyers de criminalité et démanteler les réseaux de délinquance.
Le signal envoyé par cette opération est fort que l’État ne laissera plus de place à l’impunité. Pour Jacquemain Shabani Lukoo, restaurer l’autorité de l’État passe par des actions concrètes, visibles et immédiates. L’opération Ndobo en est une illustration parfaite, conjuguant répression ciblée, gouvernance locale et engagement citoyen.
Une dynamique sécuritaire en construction

L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de réforme de la gouvernance sécuritaire, amorcée par le ministère de l’Intérieur. Avec l’adoption d’un modèle de sécurité participatif, l’accent est mis sur une meilleure coordination des acteurs, une modernisation des stratégies d’intervention et une implication accrue des populations.
Pour les habitants de Matadi et du Kongo-Central, l’espoir de voir leurs rues redevenir sûres, leurs quartiers apaisés et leur quotidien libéré de la peur, renaît.
L’opération Ndobo n’est pas qu’une simple campagne de traque des criminels, c’est le symbole d’un tournant dans la lutte contre l’insécurité en République Démocratique du Congo.
Lydia Mangala


