Aux États-Unis, accoucher pour obtenir la citoyenneté américaine d’un enfant, un phénomène communément appelé « birth tourism » ou « tourisme de naissance », suscite de plus en plus d’attention. En 2025, les autorités américaines maintiennent et renforcent leur fermeté contre cette pratique.
Entre refus de visas, durcissements juridiques et tentatives de réforme constitutionnelle, la question de la citoyenneté automatique à la naissance est au cœur d’une nouvelle bataille migratoire.
Le tourisme de naissance, une pratique désormais ciblée par la loi
Les services consulaires américains appliquent une politique stricte depuis janvier 2020 : tout demandeur d’un visa touristique (B‑1/B‑2) soupçonné de vouloir accoucher sur le sol américain pour des raisons de citoyenneté se voit refuser l’accès. En 2025, cette disposition reste pleinement en vigueur.
Les agents consulaires sont instruits de rejeter toute demande de visa si le motif principal du voyage est l’accouchement. Cette présomption est difficile à renverser, même pour les femmes enceintes invoquant des raisons médicales. Le voyage ne peut être autorisé que si le séjour médical est justifié, intégralement financé, et ne vise pas l’obtention de la nationalité américaine.
Ce durcissement reflète une volonté politique de décourager les étrangers de contourner les lois migratoires américaines par le biais de la maternité.
Une nouvelle offensive juridique : l’ordre exécutif 14160

En janvier 2025, le président Donald Trump, revenu sur le devant de la scène politique, a signé un nouvel ordre exécutif (Executive Order 14160). Ce texte vise à restreindre le droit à la citoyenneté par naissance pour les enfants nés de parents en statut temporaire entre autres touristes, étudiants, travailleurs étrangers.
L’ordre prévoit que seuls les enfants de citoyens américains ou de résidents permanents légaux pourront automatiquement devenir citoyens à la naissance. Cette mesure vise explicitement à éliminer les bénéfices du tourisme de naissance, souvent perçu par certains responsables politiques comme une faille dans le système migratoire.
Des tribunaux qui freinent l’application immédiate
Mais cette réforme ne fait pas l’unanimité. En réponse à l’EO 14160, plusieurs organisations de défense des droits civiques ont saisi la justice. Plusieurs injonctions fédérales ont été prononcées, bloquant temporairement l’application de l’ordre sur l’ensemble du territoire.
En juillet 2025, la situation reste floue. Si certains États pourraient appliquer l’ordre à partir du 27 juillet, d’autres restent protégés par des décisions de justice. Ce flou juridique accentue l’incertitude pour les familles concernées, les juristes, et les agents d’immigration.
Contrôle renforcé aux frontières et aux consulats
En pratique, les mesures de contrôle se sont durcies :
– À l’ambassade ou au consulat, toute demande de visa touristique est minutieusement examinée. Une grossesse visible, une date de terme proche ou l’absence de justificatifs médicaux suffisants sont des motifs courants de refus.
– Aux postes frontières, les agents du Customs and Border Protection (CBP) ont toute autorité pour refuser l’entrée à une femme enceinte, même si elle détient un visa valide, s’ils suspectent une intention de birth tourism.
– Les plateformes d’hébergement de luxe autrefois utilisées pour ce type de séjour sont également surveillées. Certaines entreprises ont été poursuivies pour avoir organisé des séjours « pack maternité ».
Citoyenneté américaine à la naissance : bientôt la fin d’un droit historique
Le 14e amendement de la Constitution américaine garantit, depuis 1868, le droit à la citoyenneté pour toute personne née sur le sol des États-Unis. Ce principe fondamental, longtemps considéré comme inébranlable, est aujourd’hui sérieusement remis en cause.
Si les actions judiciaires en cours venaient à échouer, l’application de l’Executive Order 14160 pourrait constituer une révision sans précédent du droit du sol aux États-Unis. Un basculement historique aux répercussions profondes sur l’immigration, la citoyenneté et les droits humains.
En 2025, les États-Unis poursuivent leur offensive contre le tourisme de naissance. Il reste donc à savoir si cette politique résistera aux contestations constitutionnelles et judiciaires en cours.
Une chose est certaine, c’est que la naissance aux États-Unis n’est plus une garantie automatique de citoyenneté, ni un simple projet touristique.
Lydia Mangala


