Ce mercredi 23 avril 2025, la Cour militaire a résonné des réquisitions vigoureuses du Procureur général à l’encontre de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, de l’homme d’affaires sud-africain Christophe Grobler et de l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Déogratias Mutombo.
À l’issue de l’audition des inspecteurs ayant mené l’enquête sur la débâcle du projet Bukanga-Lonzo, le représentant du Parquet a estimé que les faits constituaient un détournement caractérisé de deniers publics et méritaient la plus grande sévérité.
Une instruction marquée par des preuves accablantes
Le Ministère public a souligné que sur les 115 millions de dollars débloqués par l’État congolais pour Bukanga-Lonzo, seuls 34 millions avaient réellement servi aux travaux.
Selon le Procureur général, cette différence témoigne d’un pillage organisé des fonds publics, qualifié d’« élément matériel » du détournement. Il a également insisté sur l’« élément moral », rappelant que Matata Ponyo, en sa qualité de Premier ministre, avait écarté les ministres de l’Agriculture et du Budget du pilotage du projet, neutralisant ainsi tout contrôle institutionnel.
Complicités et montages financiers
Poursuivant son réquisitoire, le Procureur a mis en lumière la responsabilité de Christophe Grobler et de Déogratias Mutombo.
Il a expliqué que Grobler avait orchestré les surfacturations à travers des sociétés écrans, tandis que Mutombo, grâce à son influence à la Banque centrale, avait sciemment facilité les décaissements irréguliers et manipulé les procédures administratives.
Chacun, a-t-il estimé, a apporté une aide indispensable à Matata Ponyo pour commettre l’infraction.
Peines requises et suite de la procédure
Au terme de ses plaidoiries, le Ministère public a requis une peine de vingt ans de servitude pénale principale pour chacun des prévenus.
Il a en outre demandé la privation des droits civiques, vote et éligibilité, pour Matata Ponyo et Déogratias Mutombo, respectivement pour dix et cinq ans, ainsi que l’expulsion du territoire national de Christophe Grobler à l’issue de sa peine.
La Cour a ensuite mis l’affaire en délibéré, fixant la date de l’arrêt au 14 mai 2025.
Lydia Mangala


