La rentrée scolaire 2025-2026 s’ouvre sur fond de tensions en République démocratique du Congo (RDC).
Alors que plus de 29 millions d’élèves sont attendus dans les établissements du pays, une décision gouvernementale fait polémique : la suspension de la gratuité de l’enseignement dans les territoires occupés par l’AFC/M23, dans l’Est du pays.
Une décision confirmée par le gouvernement
Lors d’un briefing spécial animé à Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, ont confirmé cette mesure exceptionnelle.
« Malheureusement, nos enfants dans les territoires occupés ne bénéficient pas de la gratuité de l’enseignement », a reconnu Jacquemain Shabani, précisant que cette situation aura un impact durable sur le système éducatif national.
Selon le gouvernement, cette suspension est liée à la perte d’autorité de l’État dans ces zones.
« Le jour où la paix sera consolidée et l’autorité restaurée, la gratuité de l’enseignement redeviendra une priorité », a ajouté le ministre de l’Intérieur.
Les réalités dans les zones occupées
Sur le terrain, malgré une rentrée timide le 1er septembre, les autorités rebelles du M23 ont imposé aux parents la prise en charge directe des frais scolaires à tous les niveaux.
Une mesure qui fragilise davantage des familles déjà confrontées à l’insécurité et à la crise économique.
La privation de la gratuité constitue un frein majeur à l’accès à l’éducation, particulièrement dans des provinces historiquement considérées comme des foyers intellectuels du pays.
Une rentrée scolaire sous le signe de la résilience
À l’échelle nationale, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a lancé officiellement l’année scolaire à Moanda, dans la providence bce du Kongo Central.
Elle a insisté sur l’importance de former de nouveaux citoyens responsables à travers les clubs scolaires et le serment du citoyen, rappelant que la gratuité de l’enseignement primaire, le renforcement de la qualité éducative et l’égalité des chances restent au cœur des réformes.
Un choix contesté et porteur de risques
Pour de nombreux observateurs, la suspension de la gratuité dans les zones sous contrôle du M23 est une décision aux conséquences lourdes, risquant d’aggraver les fractures sociales et de nourrir un sentiment d’abandon parmi les populations de l’Est.
« Saper le système éducatif, c’est fragiliser l’avenir de toute une génération », alertent certains acteurs locaux, qui appellent à reconsidérer cette mesure afin de préserver l’unité nationale et l’égalité des chances.
Lydia Mangala


