La campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) s’est officiellement clôturée ce 10 décembre. À cette occasion, Julie Nsuele Manika, Présidente de la Fondation GRAME, a livré une déclaration forte et engagée, centrée sur le thème retenu pour l’édition 2025 : « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles ».
Cette année, la Fondation GRAME a fait le choix stratégique de cibler le milieu scolaire, en mettant un accent particulier sur la sensibilisation des jeunes filles à l’usage responsable et sécurisé des outils numériques. Pour Julie Nsuele, l’enjeu est clair : à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), le numérique ne doit ni exclure ni fragiliser, mais émanciper, former et informer.

« Le numérique nous ouvre aujourd’hui un véritable portail d’opportunités. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être des illettrés numériques. Nous devons nous adapter à l’évolution technologique pour impacter positivement nos communautés », a-t-elle souligné.
Cependant, derrière ces opportunités se cache une réalité préoccupante : la montée de la violence numérique, caractérisée par le harcèlement, la diffamation, la propagation de fausses informations et l’atteinte à la dignité humaine. Selon la Présidente de la Fondation GRAME, les réseaux sociaux sont trop souvent devenus des espaces de vilipendage et d’acharnement, où la parole libre se transforme en arme destructrice.

Julie Nsuele a également livré un témoignage personnel poignant, révélant avoir elle-même été victime, il y a quelques mois, d’un acharnement numérique d’une rare violence.
« La pression psychologique est énorme. Sans force mentale ni entourage solide, on frôle la dépression », confie-t-elle, dénonçant au passage des pratiques parfois orchestrées par des proches, voire soutenues par des personnes animées par la jalousie et la volonté de nuire.

Dans un ton ferme, elle condamne la diffusion de fakenews, de contenus diffamatoires et de photos ou vidéos dénudées et trafiquées, qualifiant ces actes d’atteintes graves à la dignité humaine.
« Ceux qui propagent ces violences numériques ne sont pas différents de destructeurs de vies », a-t-elle martelé.

La Présidente de la Fondation GRAME a par ailleurs salué le courage politique de la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, pour avoir publiquement dénoncé l’acharnement numérique et mis en garde les récidivistes. Un geste qu’elle qualifie d’inspirant pour toutes les femmes.
« Il ne faut plus encaisser dans le silence. Il faut se lever, avec dignité, et dénoncer ces pratiques rétrogrades », insiste-t-elle.

S’appuyant sur un adage en lingala — « Libanga ezui tshaku, ndeke koseka te » — Julie Nsuele appelle chacun à la responsabilité individuelle et collective : ne pas être le relais de la destruction numérique, vérifier l’information avant de la partager, refuser le buzz toxique et, surtout, dénoncer toute forme de violence numérique.
En clôturant les 16 jours d’activisme 2025, la Fondation GRAME réaffirme ainsi son engagement en faveur d’un espace numérique éthique, inclusif et respectueux, où les femmes et les filles peuvent évoluer sans crainte, pleinement conscientes de leurs droits et de leur valeur.
Joséphine Mawete


