Chaque 20 mars, le monde célèbre la Journée internationale de la Francophonie, un rendez-vous qui dépasse largement le cadre linguistique pour incarner une vision du monde fondée sur le dialogue, la diversité et la coopération entre les peuples. Mais derrière cette célébration se cache une histoire profondément ancrée dans le continent africain, une histoire de volonté politique, de solidarité et de construction d’un espace commun autour de la langue française.
C’est le 20 mars 1970, à Niamey, que plusieurs États décident de poser les bases de cette ambition en créant l’Agence de coopération culturelle et technique, ancêtre de l’actuelle Organisation internationale de la Francophonie. Ce moment marque le point de départ d’une coopération structurée entre pays francophones, avec pour objectif de promouvoir la langue française, mais aussi de renforcer les liens culturels, éducatifs et politiques entre les nations. Ce n’est qu’en 1988 que la date du 20 mars sera officiellement consacrée comme Journée internationale de la Francophonie, en hommage à cet acte fondateur.
Au fil des décennies, la Francophonie s’est imposée comme un espace mondial en constante expansion, rassemblant aujourd’hui des dizaines de pays et plusieurs centaines de millions de locuteurs. Le français y circule comme une langue de communication, mais surtout comme un vecteur d’idées, de savoirs et d’influence. Loin d’être figée, cette langue évolue, s’enrichit et se transforme au contact des réalités locales, portée par des sociétés dynamiques qui en font un outil d’expression et de création.
Dans cette dynamique, la République démocratique du Congo occupe une place tout à fait singulière. Par son poids démographique et son usage massif du français, elle s’impose aujourd’hui comme le plus grand espace francophone au monde. Dans un pays marqué par une grande diversité linguistique, le français joue un rôle central de cohésion, de transmission et d’organisation, en étant à la fois langue de l’administration, de l’éducation et des échanges publics.
À Kinshasa, cette réalité prend une dimension particulière. La capitale congolaise vibre au rythme d’une créativité débordante où le français se mêle aux langues locales pour produire une expression culturelle unique. Dans la musique, la littérature, les médias ou encore les arts urbains, la langue française devient un espace d’appropriation, de transformation et de réinvention, portée par une jeunesse qui en fait un instrument d’affirmation et d’ouverture sur le monde.
La Francophonie d’aujourd’hui ne peut donc être comprise sans l’Afrique, et encore moins sans la RDC. Car si cette organisation est née d’une volonté politique internationale, son avenir se construit désormais sur le continent africain, où se concentre la majorité de ses locuteurs et de son potentiel de croissance. Dans cette perspective, la RDC apparaît comme un acteur clé, non seulement par son poids démographique, mais aussi par la vitalité de sa scène culturelle et l’énergie de sa jeunesse.
Ainsi, célébrer la Journée internationale de la Francophonie, ce n’est pas seulement rendre hommage à une langue commune. C’est reconnaître un espace vivant, en mouvement, où se croisent des histoires, des cultures et des ambitions. C’est aussi affirmer que le français, loin d’être un héritage figé, est aujourd’hui une langue portée, façonnée et projetée vers l’avenir par des millions de femmes et d’hommes, dont une grande partie se trouve en République démocratique du Congo.
En ce 20 mars, il est évident que la Francophonie, au-delà d’être une communauté linguistique, elle est un projet de société, et la RDC en est l’un de ses visages les plus prometteurs.
Lydia Mangala


