La République démocratique du Congo a pris part à la réunion inaugurale du mécanisme de coordination du Corridor de Lobito, tenue à Luanda sous l’égide du Président angolais João Lourenço.
Cette rencontre de haut niveau, réunissant l’Angola, la RDC et la Zambie, marque une étape décisive dans la structuration de ce projet stratégique appelé à devenir un levier majeur d’intégration régionale et de développement multisectoriel en Afrique australe et centrale.
Une mobilisation régionale et internationale de premier plan
La réunion a rassemblé une mobilisation diplomatique et financière sans précédent, témoignant de l’importance stratégique accordée au Corridor de Lobito.
Autour des délégations gouvernementales des trois pays concernés, plusieurs partenaires techniques et financiers de premier plan étaient présents, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne, l’Africa Finance Corporation ainsi que l’agence américaine DFC.
La RDC était représentée par une délégation gouvernementale multisectorielle conduite par le Vice-Premier ministre en charge des Transports, accompagnée des ministres des Finances et du Commerce extérieur afin de faire du corridor un outil structurant pour le désenclavement économique, la compétitivité nationale et l’intensification des échanges régionaux.
Un projet au-delà des infrastructures ferroviaires
Les travaux ont permis d’élargir la vision du Corridor de Lobito bien au-delà de sa vocation initiale de transport ferroviaire.
Les discussions ont porté sur un programme d’intégration globale articulé autour de plusieurs axes prioritaires, notamment la logistique et la facilitation du commerce transfrontalier, l’énergie, l’agro-industrie, la connectivité numérique, la formation professionnelle ainsi que la transformation locale des ressources.
Pour la RDC, l’enjeu majeur réside dans l’intégration du segment ferroviaire Sakania–Tenke–Kolwezi, destiné à assurer une jonction fluide avec l’axe Kolwezi–Dilolo. Ce tronçon stratégique, long de plus de 500 kilomètres, a été retenu pour un financement additionnel, afin de maximiser l’impact économique du corridor sur le territoire national, en particulier dans les zones minières et agricoles.
Un levier stratégique pour l’économie congolaise et régionale
À terme, le Corridor de Lobito ambitionne de s’imposer comme un moteur de croissance inclusive, de création d’emplois durables et de transformation économique.
En reliant les zones productives intérieures de la RDC et de la Zambie à la façade atlantique, ce corridor offre une alternative logistique compétitive au transport routier et renforce l’accès des exportations minières et agricoles aux marchés internationaux.
Le projet entre également dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine, en favorisant le commerce intra-africain et l’intégration des chaînes de valeur régionales.
Les partenaires financiers ont réaffirmé leur engagement à accompagner les réformes structurelles, l’harmonisation réglementaire et la mobilisation des investissements publics et privés nécessaires à la réussite de cette initiative.
Une volonté politique affirmée face aux défis régionaux
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, les États parties au projet ont réaffirmé leur choix stratégique de privilégier la coopération économique et le développement comme facteurs de stabilité durable.
Le Corridor de Lobito apparaît ainsi comme une réponse concrète aux enjeux de croissance, d’industrialisation et d’inclusion sociale.
Pour la République démocratique du Congo, cette initiative représente une opportunité historique de transformer son potentiel économique en une réalité tangible, au service du développement national et de l’intégration régionale.
Lydia Mangala


