Au cœur d’un débat sur l’avenir de la République démocratique du Congo, lors de la cérémonie officielle de clôture du colloque sur la sauvegarde de la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, la Professeure Esperance Bayedila a livré, ce samedi 08 mars 2025 au centre culturel et artistique des pays de l’Afrique centrale, un plaidoyer vibrant, qualifiant l’enseignement supérieur et universitaire de « puissance douce ».
Devant plus d’un millier de personnes, son intervention, portée par l’aspiration à une RDC transformée, invite à considérer l’éducation comme le moteur principal du progrès national et de l’innovation.
Un rêve à portée de main
Le Professeur Bayedila a commencé par peindre le tableau d’une nation idéale.
« Imaginez une RDC transformée, où nos enfants vont à l’école sans interruption, où les coupures de courant ne sont plus qu’un lointain souvenir, où chaque personne mange à sa faim et où notre capitale est libérée des embouteillages. », a-t-elle expliqué.
Ces mots percutants ne relèvent pas de la fiction, mais décrivent une vision réaliste rendue possible par l’exploitation de nos ressources intellectuelles.
Quatre dimensions essentielles de l’impact de l’enseignement supérieur
1. Formation et Innovation
La professeure Esperance Bayedila rappelle que « les grandes nations du monde ont toujours été façonnées par l’éducation. »
En RDC, malgré les défis socio-économiques, l’intelligence collective de la jeunesse et des chercheurs représente notre plus grande richesse. Des initiatives comme le projet de production locale de biodiesel à l’Université de Kinshasa ou l’application mobile de gestion des files d’attente dans les hôpitaux témoignent de la capacité de nos universités à innover et à proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
2. Paix et réconciliation
« La paix ne se décrète pas, elle se construit brique après brique, » affirme-t-il en évoquant le rôle de l’enseignement supérieur dans la réconciliation nationale.
Des forums interethniques, tels que ceux organisés par l’Université Officielle de Bukavu, favorisent le dialogue entre étudiants issus de différentes communautés, permettant de panser les blessures du passé et d’ouvrir la voie à une véritable réconciliation.
3. Développement économique durable
Dans le domaine économique, l’enseignement supérieur est présenté comme un véritable laboratoire d’innovation technologique. Des projets de recyclage des déchets plastiques à l’Université de Lubumbashi et des dispositifs d’irrigation solaire à Kisangani démontrent comment la recherche académique peut contribuer activement à la lutte contre la pollution et à l’amélioration des rendements agricoles.
« L’innovation au service de la République est la clé pour réduire notre dépendance aux importations et créer une économie résiliente. »
4. Diplomatie académique et rayonnement international
Le plaidoyer ne saurait être complet sans souligner l’importance des partenariats internationaux. La Professeure Bayedila souligne que l’enseignement supérieur est un outil de rayonnement qui permet à la RDC de devenir un pôle d’échange intellectuel et culturel.
Des collaborations fructueuses, telles que celle entre l’Université de Kinshasa et l’Université de Liège, ou les partenariats de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication avec l’Université Grenoble, illustrent comment nos universités peuvent partager leurs solutions avec le monde entier.
Une révolution silencieuse pour une transformation durable
La professeure conclut son plaidoyer en appelant à une prise de conscience collective.
« L’enseignement supérieur et universitaire n’est pas un simple espace académique ; il est la puissance douce qui façonne notre avenir. Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’espoir, dans l’innovation, et dans la paix. La transformation de la RDC ne viendra pas d’ailleurs, elle naîtra de nos universités, de nos chercheurs, de nos étudiants et de nos professeurs. », a-t-elle laissé comprendre.
Ces mots appellent à l’action, invitent chacun à valoriser l’éducation comme rempart stratégique contre les défis socio-économiques et les manipulations idéologiques.
Le plaidoyer de Professeure Esperance Bayedila incarne ainsi la vision d’une RDC forte, pacifique et prospère, bâtie sur la rigueur intellectuelle et le pouvoir des idées.
Lydia Mangala


