Cinquante-deux ans après leur dernière épopée mondiale, les Léopards de la RDC ont retrouvé leur terre ce dimanche 5 avril 2026. Accueillis en héros par une foule en liesse de l’aéroport de N’djili jusqu’à l’esplanade du Palais du Peuple, les hommes de Sébastien Desabre ont été célébrés par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, dans une ambiance de communion nationale historique.
Dimanche de Pâques. Le ciel de Kinshasa n’était pas seulement bleu. Il était aux couleurs de la nation, vibrant sous les décibels d’une ferveur que la capitale n’avait plus connue depuis des décennies. Cinquante-deux ans après l’épopée de 1974, la République Démocratique du Congo a enfin brisé le plafond de verre. Qualifiés pour la Coupe du Monde 2026, les Léopards sont rentrés au bercail, accueillis par une marée humaine transformant chaque mètre de bitume en un tapis de gloire.
Dès l’aube, l’effervescence était palpable. De l’aéroport international de N’djili jusqu’au cœur de la cité, le Boulevard Lumumba n’était plus qu’une longue traînée de drapeaux tricolores. À l’atterrissage des héros, le cri d’un peuple a déchiré l’air. Les joueurs, juchés sur un bus à impériale, ont fendu une foule compacte, des visages en larmes se mêlant aux sourires de la jeunesse congolaise. Le cortège, avançant à pas d’homme, a relié l’Est à l’Ouest dans une communion électrique. Kinshasa ne marchait pas, elle dansait. Le trajet vers le Palais du Peuple, siège du Parlement devenu pour un jour le temple du football mondial, a duré des heures. Chaque quartier voulant toucher du regard ses gladiateurs modernes.
Félix Tshisekedi en premier supporter
C’est sur l’esplanade du Palais du Peuple, devant une mer de partisans en délire, que le point d’orgue de cette journée historique a eu lieu. Sous le regard attentif et fier du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, le Ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, et les hautes autorités du pays, les héros ont été reçus avec les honneurs dus à leur rang.
Le Président, présent pour sceller cette unité nationale retrouvée, a vu défiler ses soldats du ballon rond. L’émotion était à son comble lorsque le sélectionneur Sébastien Desabre, l’architecte de ce miracle sportif, a pris la parole.
« Grande fierté de revenir à Kinshasa avec la qualification. Cela a été fait dans l’unité de tous. Je remercie le président de la République pour le soutien. On a voulu vous rendre ce que vous nous donnez depuis trois ans. », explique le technicien français.
Le «Demi-Dieu» de la défense, le capitaine Chancel Mbemba, a tenu à souligner que cette victoire appartenait à chaque Congolais, tout en rappelant que le chemin ne faisait que commencer.
« Merci au président de la République. Merci à la Première Dame. La bataille n’est pas terminée. L’honneur est pour le pays. », poursuit de son côté le capitaine de la tanière.
La fête ne serait pas kinoise sans la musique. La présence de la star Werrason, monument de la culture congolaise, a embrasé l’enceinte, tout comme celle de Michel Kuka, dit Lumumba VEA, rappelant que le football en RDC est bien plus qu’un sport. C’est une thérapie, un cri de ralliement et un motif d’espoir immense.
Alors que le soleil se couchait sur le majestueux fleuve Congo, Kinshasa continuait de chanter. Cette qualification n’est pas seulement une place sur une feuille de match internationale, c’est le réveil d’un géant qui, après un demi-siècle de sommeil, s’apprête enfin à rugir de nouveau sur la scène mondiale.
Si l’heure est à la fête, l’esprit de compétition, lui, ne dort jamais. En regagnant leurs clubs respectifs, Sébastien Desabre et ses hommes savent que le plus dur commence. Objectif ? Transformer l’euphorie de la qualification en un parcours mémorable sur le sol américain, mexicain et canadien.
Josaphat Mayi


