Lors du panel central de la quatrième édition de Women Up, tenu le vendredi 6 juin 2025 et organisée par Le Zénith Magazine à l’Institut National des Arts de Kinshasa, Florence Boloko, Directrice au Ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, a livré un vibrant discours sur la nécessité de la solidarité féminine pour prévenir les conflits et bâtir une paix durable.
Modérée par la journaliste Joséphine Mawete, son intervention s’est articulée autour de quatre grands axes : l’union des femmes congolaises, la transformation de la victimisation en acte de résistance, l’expérience du dialogue inter-congolais et le rôle actif des femmes dans la reconstruction post-conflit.
Un plaidoyer pour l’union féminine

Pour Florence Boloko, le premier défi consiste à dépasser les divisions et à reconnaître que les femmes sont triples victimes de ce conflit : blessées dans notre corps, inquiètes pour nos fils partis à la guerre, contraintes de voir nos filles réduites en esclavage sexuel, et souvent abandonnées par des maris disparus.
Plutôt que de rester isolées, elle appelle les Congolaises à mutualiser leurs forces et à occuper ensemble l’espace politique.
« En tant que Congolaises, nous sommes majoritaires dans notre pays : si nous le voulions, nous pourrions élire une femme à la présidence », a-t-elle déclaré.
En s’appuyant sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui invite les États à intégrer les femmes dans toutes les missions de paix, elle rappelle que la voix des femmes porte loin lorsqu’elle s’exprime à l’unisson.
De la victimisation à l’action politique
Florence Boloko refuse que la reconnaissance de leur souffrance se limite à un constat passif. Elle insiste sur le pouvoir d’agir :
« Le véritable détenteur du pouvoir est l’homme, et la femme ne peut que s’en faire une alliée de poids pour faire entendre la voix des autres», dit-elle.
Pour elle, dire « Assez ! » implique de conquérir des postes de responsabilité et de participer activement aux processus décisionnels.
« Nous qui donnons la vie, nous devons aussi la préserver ; il nous appartient de dire Assez ! et de revendiquer la paix. », dit-elle.
Elle appelle ainsi chaque femme à transformer sa douleur personnelle en moteur de changement politique, afin que plus aucune ne soit réduite à un simple témoin des conflits.
Les leçons du dialogue inter-congolais

Revenant sur l’expérience du dialogue inter-congolais, Florence Boloko évoque la cohésion qui s’est créée entre femmes venues de toutes les provinces : Kinshasa, Goma, l’Équateur.
Face aux multiples factions d’hommes, elles ont su élaborer un cahier des charges commun puis l’harmoniser à Nairobi et à Sun City.
« Nous partageons une cause commune : qu’on vive à Kinshasa, à Bumba ou dans un village reculé, nous faisons face aux mêmes réalités et aux mêmes défis. », déclara-t-elle.
Cette aventure collective démontre, selon elle, la capacité unique des femmes à concentrer leurs efforts sur l’essentiel et à parler d’une seule voix.
La femme, bâtisseuse de paix

Enfin, Florence Boloko conclut en soulignant que, si les hommes déclenchent les guerres, ce sont les femmes qui en supportent le poids et qui ont un rôle décisif dans la reconstruction des communautés :
« Il est temps qu’on nous reconnaisse enfin l’espace nécessaire pour apporter notre pierre à la reconstruction de ce qui a été détruit. », conclut elle
Convaincue que « tant que nous, femmes congolaises, unissons nos forces et mutualisons nos efforts, nous pourrons non seulement prévenir de nouveaux conflits, mais aussi bâtir une paix véritablement inclusive », elle a invité chacun à soutenir l’émergence d’une représentation féminine forte, à tous les niveaux de décision, pour un avenir plus juste et pacifique en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


