La capitale congolaise suffoque sous le poids de son propre trafic. À chaque heure de pointe, les embouteillages deviennent un cauchemar quotidien pour des milliers de Kinois. Si les causes de ce fléau sont multiples, l’une d’elles retient particulièrement l’attention du bourgmestre adjoint de Limete, Isaac Mukendi Tshishimbi : la prolifération des véhicules vétustes, notamment les Mercedes Sprinter 308D.
Dans une tribune libre lucide et directe, l’autorité municipale a dénoncé la circulation anarchique de ces véhicules produits pour la dernière fois en 1995, qui pullulent dans les rues de Kinshasa et continuent à assurer le transport urbain alors qu’ils ont été bannis dans plusieurs pays pour leur obsolescence technique et leur dangerosité.
Un cauchemar roulant pour la ville

Selon Isaac Mukendi, ces vieux engins, qui se comptent par milliers, sont responsables d’une grande part de la congestion urbaine :
« Ils stationnent partout, embarquent partout, tombent souvent en panne en pleine voie… C’est une épine dans le pied de notre mobilité », a-t-il affirmé.
Au-delà des embouteillages, il a également souligné les risques accrus d’accidents, les émissions polluantes non contrôlées et la non-conformité de ces véhicules avec les normes de sécurité minimales.
Un appel à la réforme et à la volonté politique

Conscient de l’ampleur du problème, Isaac Mukendi Tshishimbi a plaidé pour une politique publique volontariste et progressive de retrait de ces véhicules vétustes du parc automobile kinois.
Pour lui, il est urgent que les autorités urbaines et nationales interviennent afin de moderniser le secteur du transport public :
« Même avec des routes bien construites, ces engins continueront de bloquer la ville s’ils ne sont pas remplacés. Il faut des mesures courageuses, des incitations au renouvellement du parc, mais aussi des sanctions en cas de non-respect », a-t-il recommandé.
Un rôle actif pour les communes

Le bourgmestre adjoint a également proposé que les communes soient impliquées dans l’exécution et le suivi de cette politique, une manière de garantir une application de proximité, adaptée aux réalités de chaque territoire administratif.
En somme, cette tribune apparaît comme un cri de responsabilité face à l’urgence urbaine. Elle invite à dépasser les discours pour poser les jalons d’un transport public moderne, sécurisé et durable pour la capitale congolaise.
Dans un Kinshasa où la mobilité devient un enjeu de développement et de qualité de vie, la sortie de Isaac Mukendi Tshishimbi sonne comme une interpellation forte.
Le transport urbain mérite une refonte sérieuse, et cela commence par oser affronter la question des véhicules obsolètes.
Lydia Mangala


