Au Centre Culturel et artistique des pays de l’Afrique centrale de Kinshasa, lors du lancement de la table ronde sur l’appropriation du Genocost ce lundi 31 mars 2025, la ministre des Droits Humains, Chantal Chambu, a délivré un message percutant et sans compromis.
Dans un contexte marqué par des violences extrêmes et une désinformation rampante, elle a appelé les acteurs nationaux et internationaux à choisir leur camp, rejetant toute neutralité.
Un mésange d’engagement et de responsabilité
La ministre a exprimé son mécontentement face à la situation actuelle, insistant sur le fait que la RDC, qui a longtemps offert l’hospitalité aux réfugiés fuyant la violence, ne pouvait plus se contenter de la charité.
Elle a déclaré que son gouvernement ne demandait pas au monde de lui plaindre, mais plutôt la vérité et la justice. Selon elle, l’inaction et la neutralité dans ce contexte équivalent à une complicité avec ceux qui perpètrent les violences.
Elle a ainsi lancé un appel vibrant aux consciences, soulignant que les États, les peuples, les journalistes, les intellectuels et les défenseurs des droits humains devaient prendre position pour stopper les atrocités. Dans ses propos, elle a insisté sur la nécessité de ne plus être neutre face aux crimes qui fragilisent la nation.
« Nous ne voulons pas de charité, nous voulons la justice. Nous ne demandons pas au monde de nous plaindre. Nous demandons la vérité. Et nous appelons chacun ici à choisir son camp. Parce qu’il n’est plus possible d’être neutre. Être neutre aujourd’hui, c’est être complice. C’est être du côté de ceux qui tuent, qui violent, qui pillent et qui démantelent. » déclare-t-elle.
Ce message, qui résonne avec force, a marqué l’assemblée d’une détermination à mettre fin aux injustices et à promouvoir une culture de paix fondée sur la justice et la vérité.
La ministre a insisté que chaque Congolais et chaque Congolaise devait ressentir la douleur des victimes comme une part intégrante de leur histoire, appelant ainsi à une mobilisation collective pour empêcher la répétition de telles atrocités.
Un appel à choisir son camp pour choisir son camp
Chantal Chambu a également souligné l’urgence d’agir dans un contexte où la désinformation, la division et la peur sont utilisées comme des armes pour fragiliser le pays.
Elle a invité tous les acteurs, qu’ils soient politiques, médiatiques ou issus de la société civile, à ne plus rester indifférents et à choisir résolument leur camp.
« Et nous appelons chacun ici à choisir son camp. Parce qu’il n’est plus possible d’être neutre. Être neutre aujourd’hui, c’est être complice. C’est être du côté de ceux qui tuent, qui violent, qui pillent et qui démantelent. »
En évoquant ces paroles, la ministre a mis en exergue l’idée que l’engagement ne peut être différé. Elle a précisé que la RDC, qui a servi l’humanité par son accueil généreux, devait désormais exiger la vérité et la justice.
Pour elle, ce n’est qu’en brisant le silence et en assumant une position claire que le pays pourra amorcer une transformation profonde, fondée sur la responsabilité et la solidarité.
Vers une reconnaissance nationale et internationale
La table ronde a également été l’occasion de poser les premiers jalons d’une reconnaissance tant nationale qu’internationale des crimes et violences qui ont marqué l’Est du pays.
La ministre a appelé à la mise en place d’instruments de vérité et de justice qui permettront de réparer les torts du passé et de prévenir leur répétition à l’avenir.
« Nous ne demandons pas au monde de nous plaindre. Nous demandons la vérité. »
Le message de la ministre Chantal Chambu a été clair : il est temps que chaque acteur, au niveau national et international, s’engage pour faire cesser les violences et restaurer la dignité humaine. La RDC ne peut plus rester passive face à l’injustice et aux atrocités.
Les appels à la responsabilité individuelle et collective résonnent comme un impératif moral pour bâtir un avenir de paix, de justice et de vérité.
Lydia Mangala


