Dans une ambiance électrique au Stade Prince Moulay Abdellah, le Sénégal a écrit l’une des pages les plus dramatiques et héroïques de son histoire footballistique. En venant à bout du Maroc (1-0 après prolongation), les hommes de Pape Thiaw décrochent leur deuxième étoile continentale au terme d’une finale qui restera gravée dans les mémoires, autant pour le jeu que pour son scénario surréaliste.
Dès le coup d’envoi, l’atmosphère de Rabat laissait présager une soirée historique. Face à un public marocain totalement acquis à la cause des Lions de l’Atlas, le Sénégal a fait preuve d’une résilience tactique remarquable. Le match, haché par l’enjeu, a basculé dans l’irréel à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.
Alors que le score était de 0-0, l’arbitre Jean-Jacques Ndala, arbitre central congolais de la rencontre a désigné le point de penalty en faveur du Maroc. Une décision contestée avec véhémence par le clan sénégalais. Dans un moment de tension extrême, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, menaçant de ne pas reprendre le jeu pour protester contre ce qu’ils jugeaient être une injustice flagrante.
Après de longues minutes de palabres et une reprise de jeu incertaine, le calme est revenu pour laisser place au drame sportif. Brahim Diaz, l’étoile du Real Madrid, s’est avancé pour offrir le titre au peuple marocain. Dans un excès d’audace, il a tenté une panenka. Le ballon, flottant trop mollement, a fini sa course dans les gants d’un Édouard Mendy resté de marbre. Le stade s’est tu, le Sénégal était miraculé.
Revigorés par ce tournant psychologique, les Sénégalais ont entamé la prolongation avec une détermination nouvelle. Le coup de grâce est intervenu à la suite d’un mouvement collectif limpide. Sur une percée côté droit suivie d’un centre en retrait, Pape Gueye, d’une frappe sèche et précise, a trompé Yassine Bounou, faisant taire le stade Prince Moulay Abdellah (1-0, 94e).
Malgré les assauts désespérés des Marocains en fin de match, la défense sénégalaise, portée par un Kalidou Koulibaly impérial, a tenu bon jusqu’au coup de sifflet final.
Le Sénégal remporte ainsi sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations après celle de 2021. Si le Maroc a brillé par son organisation et son parcours, c’est le réalisme et le mental d’acier des Sénégalais qui ont fait la différence.
Au nez et à la barbe du pays hôte, dans un scénario parfois tragicomique, le Sénégal confirme qu’il est bel et bien le nouveau patron du football africain.
Josaphat Mayi, à Rabat


