La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a tenu ce vendredi 25 juillet 2025 la première audience du procès très attendu de l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
Une audience s’est ouverte sous tension, en l’absence du principal concerné, et a été reportée au 31 juillet prochain pour permettre aux avocats de la République de s’imprégner du dossier.
Le ministère public plaide pour un jugement par défaut, face à ce qu’il considère comme un boycott de la procédure par l’accusé.
Un procès historique au cœur des tensions politiques

L’ouverture du procès de Joseph Kabila, ancien président de la RDC, marque un tournant judiciaire inédit dans l’histoire du pays.
Poursuivi pour des accusations extrêmement graves, trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, complot, apologie du terrorisme, mais aussi homicides, viols et actes de torture, Kabila fait face à une justice militaire déterminée à aller jusqu’au bout.
L’audience s’est ouverte sans sa présence. Le ministère public, représenté par l’auditeur général des FARDC, a demandé à la Cour de juger l’ex-président par défaut, conformément à l’article 327 du Code judiciaire militaire.
La République se constitue partie civile
Lors de cette première audience, la Haute Cour militaire s’est déclarée saisie du dossier et a acté la constitution de la République en tant que partie civile.
Les avocats mandatés ont sollicité un renvoi pour avoir le temps de consulter les pièces du dossier et préparer leur argumentaire. Une demande acceptée par la Cour, qui a fixé la prochaine audience au 31 juillet 2025.
Le ministère de la Justice insiste sur l’indépendance judiciaire

Présent lors de l’ouverture du procès, le vice-ministre de la Justice en charge du Contentieux international, Samuel Mbemba, a tenu un discours ferme :
« La justice ne négocie pas, elle ne dialogue pas. Le calendrier de la justice est différent du calendrier politique », a-t-il insisté.
Il a souligné que ce procès est celui de la République et que les institutions judiciaires doivent accomplir leur devoir en toute indépendance et loin de toute influence politique.
Un dossier explosif, un climat tendu
La procédure judiciaire en cours découle d’une injonction du ministre de la Justice, suivie d’un réquisitoire adressé au Sénat. Ce dernier a levé l’immunité parlementaire de Joseph Kabila après des délibérations à huis clos.
Le rapport de la commission spéciale du Sénat mentionne, entre autres, un soutien présumé de Kabila à la rébellion du M23, active dans l’est du pays.
Face à ces accusations, les proches de l’ancien président dénoncent une persécution politique, estimant que ce procès vise à neutraliser un acteur politique influent dans l’opposition. Kabila, pour sa part, n’a toujours pas réagi officiellement.
Prochaine audience : 31 juillet 2025
La prochaine étape judiciaire est fixée au jeudi 31 juillet 2025. En l’absence persistante de Joseph Kabila à ce stade de la procédure, le risque d’un procès par défaut devient de plus en plus probable.
La nation retient son souffle face à un procès qui pourrait profondément bouleverser l’équilibre politique et institutionnel de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala

